XXIII. — PROBITÉ DE JEAN II
Les Juifs, chassés d'Espagne par l'Inquisition, furent reçus en Portugal et y trouvèrent appui auprès de Jean II. Cet acte souleva de nombreuses oppositions; il fallut toute la fermeté du roi pour vaincre l'irritation générale. A juger la chose de sang-froid, n'y avait-il pas humanité à agir ainsi?
Il n'est guère à présumer que des vues intéressées soient entrées dans l'esprit d'un monarque qui poussa aussi loin que possible le détachement des richesses. S'il tenait à ce que son peuple fût à l'abri de la misère, jamais il n'eut l'ambition de thésauriser pour son compte personnel ; les faits suivants le démontrent amplement.
A peine arrivé à Evora, le roi voulut acquitter les dettes de son père qui, comme il l'avait dit à son avènement au trône, ne lui avait laissé pour toute fortune que