PROBITÉ DE JEAN IT
les grandes routes du Portugal. Ce n'est pas que les créanciers fussent exigeants ; ils se contentaient des intérêts qui leur étaient régulièrement payés.
Il chargea donc Alvarez Pachécho, son intendant, et Etienne Barrodas, son trésorier, de faire l'inventaire de tout ce qu'Alphonse V avait emprunté aux fabriques des églises pour la guerre de Castille, et de le restituer intégralement. Ils devaient rechercher avec le même soin si les biens des hôpitaux et autres établissements charitables n'avaient point été grevés pour les besoins de l'Etat, et mettre toute leur diligence à les reconstituer dans l'ordre primitif. « Les princes, disait-il, sont les défenseurs-nés des mineurs et des orphelins; ils sont tenus, au besoin, à diminuer leurs propres dépenses pour s'acquitter de cette tâche. »
Le roi avait pour principe de ne point laisser à la charge de ses successeurs ce qu'il pouvait faire lui-même pendant sa vie ; c'est pourquoi il s'enquérait avec la plus scrupuleuse exactitude des moindres obligations qu'il pourrait avoir contractées afin de s'en acquitter le plus tôt possible.
Parmi les personnes qui lui avaient été recommandées par son père, se trouvait un bourgeois notable, natif do Bruges en Flandre, que son opulence avait mis en mesure de rendre des services à l'empire d'Allemagne et à la couronne de Portugal. Edouard Brandon, c'est le nom de cet homme, s'était montré plein de générosité et n'avait point encore recouvré ses avances. Jean II avait à cœur de s'acquitter d'une dette qu'il considérait comme une œuvre de piété filiale.
Déjà, en 1488, il avait appelé à la cour le bon Flamand et lui avait fait octroyer des lettres de naturalisation. Devenu citoyen portugais, Brandon fut entouré d'une ^ - juste considération, obtint le titre de chevalier et mourut en 1528 dans un âge fort avancé, sous le règne do Jean III.