‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 63 sur 84 · LE ROI DE PORTUGAL REFUSE D'ENTRER, ETC · texte numérisé non relu

LE ROI DE PORTUGAL REFUSE D'ENTRER, ETC

tertnination des autres* princes chrétiens du monde entier. »

Quoique, dans ce discours, le nom du roi de France ne fût point prononcé, Jean II était trop au % courant des affaires du temps pour ne pas voir que l'alliance, où on voulait le faire entrer, n'avait pour but que de s'opposer aux entreprises de Charles VIII. Ce dernier s'était, en effet, rendu maître du royaume de Naples en moins dé cinq mois, et menaçait de faire déposer Alexandre VI, pour mettre à la tête de l'Église un pontife plus digne de ceindre la tiare.

Le souverain portugais répondit en ces termes à don Alphonse de Silva : * Monsieur, l'amitié que je porte à tous les princes chrétiens ne me permet pas d'entrer dans une ligue ourdie contre l'un d'eux; pour moi, la dignité du Saint-Siège est parfaitement distincte de la conduite d'un pape ambitieux qui s'est attiré des embarras par sa faute, je n'en ai reçu aucune faveur qui m'oblige à prendre sa défense; si je ne l'ai point combattu ouvertement, c'est que je me suis souvenu des bienfaits de ses prédécesseurs. Les Vénitiens me considèrent comme leur protecteur; le duc de Milan me traite en ami, et le roi des Romains est mon cousin germain. Quant à la France, j'y suis attaché par des liens de parenté et de bons rapports. D'ailleurs, mon état de souffrance et la sollicitude des affaires de mon royaume m'empêchent en ce moment de m'occuper des choses étrangères. Personne plus que moi ne désire la concorde entre toutes les puissances et la paix de l'Eglise universelle, pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. Monsieur, dites au roi de Castille quïl n'est point besoin d'un nouveau traité d'alliance entre nous ; celui que nous avons conclu, suffit. En un mot, je serai fidèle aux engagements que j'ai contractés avec votre auguste Maître ; mais je tiens également à vivre en paix avec tous les autres princes chrétiens, sans exception. »

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