DANS UNE LIGUE CONTRE LA FRANGE
diras une confédération ayant pour but de chasser les Français de l'Italie. On comptait sur l'affaiblissement causé par là maladie, pour triompher plus facilement du caractère entier du souverain portugais. Il n'en fut rien, comme on le verra bientôt, du moins quant à la seconde partie du programme ci-dessus indiqué.
Le roi était en promenade aux environs du château de Viana, lorsque tout à coup s'offrit à ses regards l'envoyé de Ferdinand le Catholique. Après les compliments d'usage, Jean II, étendant le bras droit; dit au diplomate qui sïnformait de sa santé : Ce bras, don Alphonse^ est encore bon pour donner une bataille ou deux; puis, un instant après, il ajouta : Aux Maures.
Ne voulant point faire connaître à d'autres qu'au souverain l'objet de sa mission, l'ambassadeur d!Espagne eut le talent d'amuser les courtisans par le récit d'une foule de choses qui n'y avaient que peu ou point de rapport; ce n'est que lorsqu'il se trouva seul en présence du roi, qu'il s'exprima ainsi :
« Sire, les affaires d'Italie sont, vous le savez, dans un tel état, que toute la chrétienté en est émue. Le vicaire de Jésus-Christ, persécuté par des catholiques indignes de ce nom, se voit forcé de fuir de place en place ; et le patrimoine de l'Eglise est livré au pillage. En présence de la violation de ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré sur la terre, les princes chrétiens pourraient-ils demeurer indifférents et ne pas s'unir contre l'ennemi commun ? Votre Majesté, qui a déjà donné tant de preuves de fidélité au Saint-Siège, sera heureuse, sans doute, de contribuer à la paix de l'Europe ; le Pape, les Vénitiens, les ducs de Milan et de Florence, unis au roi, mon auguste Maître, comptent sur votre concours pour former une ligue formidable qui s'opposera au progrès du maL C'est en qualité de parent, d'allié et d'ami, que mon souverain fait appel à votre foi et à votre courage; et il espère que votre exemple pèsera beaucoup sur la dé-