XXVIII. — FUNÉRAILLES DU ROI
L'homme est mort! s'écria Isabelle de Castille en apprenant le trépas d'un souverain qui fut son adversaire, mais qu'elle ne pouvait s'empêcher d'estimer comme l ? un des grands caractères de l'époque. Il y aurait cent à parier contre un que le roi de Portugal succomba aux suites du poison qui lui fut administré lors des noces de son fils ; s'il résista longtemps aux progrès du mal, c'est qu'il était doué d'un tempérament extraordinairement fort.
Quant aux gens qui le soupçonnaient de se servir à l'égard de ses ennemis du procédé dont on avait usé envers lui, ils furent bien détrompés lorsque se fit l'inventaire des meubles du monarque défunt. Certaine cassette éveillait surtout l'attention ; Pévêque de Tanger l'ayant ouverte, il s'y. trouva une haire et un cilice maculés de sang.
Sans doute, le roi eut des moments de violence très regrettables ; mais s'il employa le poignard pour venger ia trahison du duc de Viséo, jamais il n'eut recours au poisoç. Uhomme était trop brave pour recourir à des moyens de défense que la lâcheté seule inspire; il ne craignait point de voir lé danger en face, et, quand il fallait combattre les armes à la main, il était toujours prêt. .
«AN II