MARIAGE DU PRINCE, ETC
insinuer que tout leur est permis, il est bien rare qu'ils ne se laissent aller à l'attrait des plaisirs.
Le sage et vertueux Fénelon disait au duc de Bourgogne par la bbuche de Mentor : « Sachez que les rois s'usent toujours plus que les autres hommes. Dans l'adversité, les peines de l'esprit et les travaux du corps les font vieillir avant le temps. Dans la prospérité, les délices d'une vie molle les use bien plus encore que tous les travaux de la guerre. Rien n'est si malsain que les plaisirs où l'on ne sait se modérer. »
Tels n'étaient pas les conseils que donnaient à l'infant ses lâches adulateurs. « Il est bon, lui disaient-ils, qu'un prince destiné à régner connaisse par lui-même le fort et le faible des choses ; » et, sous prétexte de l'initier aux détails les plus infimes des mœurs du peuple, ils l'entraînaient à la débauche.
Bientôt cependant l'amour du devoir, joint à la honte du vice, détourne Jean des honteuses fréquentations qui l'avaient séduit; il retrouve sa dignité en songeant aux. destinées auxquelles il est appelé; comme Télémaque au milieu des flots, il s'écrie enfin : « Je ne crains plus ni mer, ni vents, ni tempêtes; je nie crains plus que mes passions. »