NAISSANCE ET PREMIÈRES ANNÉES DE JEAN II
Lorsqu'il fut afrivé à sa sixième année, le conseil royal jugea à propos de lui former ce qu'on appelle, en style de cour, une maison. Sur l'invitation du roi Alphonse, don Diego Soarès d'Albergaria reçut la charge de gouverneur et s'en acquitta avec un zèle égal aux éminentes qualités qui l'avaient désigné pour ce poste d'honneur. Le royal élève fit de tels progrès, que ses précepteurs en furent étonnés.
Histoire, géographie, étude des langues, tout ce qui, en un mot, constituait alors une bonne éducation, entrait avec la plus merveilleuse facilité dans l'esprit de l'infant qui, s'il ne fût né sur les marches du trône, eût pu aspirer à devenir un philosophe et un grand savant. La gymnastique, l'équitation, l'escrime, la musique et le dessin, quoique moins perfectionnés que de nos jours, trouvèrent place dans les exercices destinés à former l'esprit et le corps du futur monarque.
Ce n'est pas sans raison que l'historien Vasconcellos remarque que les princes ignorants sont la ruine des Etats, tandis que plus les souverains sont doués de lumières, plus ils travaillent efficacement au bonheur de leurs sujets.
Tout le temps que Jean n'employait pas à acquérir les connaissances nécessaires au développement de son intelligence naturellement sérieuse, était consacré à des amusements en rapport avec la stratégie militaire. La chasse, qui l'habituait au maniement des armes, les joutes et les tournois, où il faisait briller ses qualités guerrières, occupaient une partie de ses loisirs, et, quand il se sentait fatigué, il se reposait en jouant aux échecs. Il avait en aversion les jeux de hasard qui, trop souvent, hélas! engendrent le vice et la corruption.
Pourquoi ne pas mentionner ici quelques écarts de jeunesse dont il est si difficile aux grands de se préserver? Entourés de flatteurs qui, loin de les prémunir contre le danger des passions, ne cherchent qu'à leur