LA FEMME SELON PROUDHON
du travail, par le privilège du génie, par le sens de la justice, est à la femme comme 27 est à 8; mais que la femme, de son côté, par ses agréments, par sa finesse, par sa tendresse, est à riiomme comme 27 est à 8. 11 oppose à la prééminence de la force masculine la prééminence de la beauté féminine dans Tordre physique, intellectuel et moral, et reconnaît là deux valeurs très différentes, mais équivalentes, qui, par le pacte indissoluble du mariage, se complètent l'une Fautre, pour donner un organe à la justice, vu que c'est la mission de la femme de porter l'homme à la réalisation du droit par l'attrait de la beauté. Enfin, dans la famille et dans la cité, il subordonne la femme à l'homme, détenteur naturel du pouvoir.
Ménagère ou courtisane, voilà ce que la femme peut être.
Certes, Proudhon consacre de remarquables pages à l'exaltation esthétique de la femme ; mais la femme serait bien à plaindre si une telle apothéose pouvait la consoler de l'abjection intellectuelle, morale et juridique où ce dialecticien outré prétend la réduire.
go J^EAN-JACQUES ROUSSEAU.
Qui ne sent ce qu'il y a de factice dans ce parallélisme dont Proudhon fait dépendre le rachat de la femme, la dignité de l'union conjugale, la réalité vivante de la justice, en un mot toute moralité et toute liberté? Luimême, il a renversé le fragile édifice de son système, à la fin de la Pornocratie, où nous lisons ces mots : « Avoir bien soin de condamner ce que j'ai écrit sur la beauté des femmes. »
Au fond, il semble que sa théorie n'a été qu'une brillante caricature des idées de Rousseau.