PESTALOZZI ET FROEBEL
de sa vie. Il enseigna à voir dans l'univers un vaste cabinet d'études, à faire de toutes choses une matière d'instruction, à se reposer d'un exercice par un autre, et à utiliser tous les moments de l'existence pour notre éducation intégrale et professionnelle, conformément à notre nature d'hommes et à notre fonction dans la société.
Son disciple Frœbel imagina, lui aussi, d'ingénieux moyens d'exercer utilement, dès la première heure de la vie, l'activité de l'enfant, qui est alors comme une urne destinée à garder toujours l'odeur de la première liqueur dont elle aura été imbibée. Il visa, en faisant marcher de front les enseignements pratiques les plus divers, au développement simultané de toutes les facultés dont le juste équilibre est nécessaire pour prévenir les défaillances, les erreurs et les fautes. Il chercha à convertir l'amusement en instruction par mille procédés analogues à l'usage de ces lettres en buis ou en ivoire que saint Jérôme conseillait de mettre entre les mains des enfants. Il encouragea les jeux, chose sacrée pour Pestalozzi, les jeux (( oii c'est la
6il JE AN- JACQUES ROLSHEAU.
nalnro qui parle, dit Montaigne, et qui doivent <*tre jugés, non comme jeux, mais comme les plus sérieuses actions des enfants » . 11 enseigna ce continuel apprentissage du bien penser et du bien faire, qui est tout en action et auquel tout aide, a la sottise d'un valet, une promenade, un propos de tahle », comme 1 avait encore remarqué Montaigne. Enfin, il j)opularisn l'idée de ces jardins denfanls que rêvait également Montaigne, quand il regrettait que les pau>Tes écoliers fussent élevés dans de sombres geôles, et non parmi les fleurs et la verdure.