LA FEMME SELON DIDEROT CONDORCET, MILL ET PROUDHON
Des idées de Rousseau se rapprochent les idées de Diderot sur le même sujet.
Diderot prend à partie le rhéteur Thomas, coupable d'avoir consacré aux femmes un livre lourd qui nest d^ aucun sexe. « Quand on écrit des femmes, dit Diderot, il faut tremper sa plume dans l'arc-en-ciel et jeter sur ses lignes la poussière des ailes du papillon. ))
Puis, joignant l'exemple au précepte, dans quelques pages pleines de verve, il nous montre les femmes ayant moins de raison et plus d'instinct que les hommes ; habituées à lire dans le grand livre du monde plutôt que
7^ JEAÎI-JACQLEf» ROUHSEAU.
dans les petits livres des auteurs; facileincrit livrées à l'impression du moment; ignorantes, légères et têtues (comme le disait saint Jérôme); dominées par la crainte du ridicule; éminemment sensibles à la contagion de l'exemple; s'assouplissant aux changements de vie les plus divers ; disposées aux plus brûlantes exaltations de l'amour, de la jalousie, delà tendresse maternelle et du sentiment religieux ; couvant leurs passions au milieu d'occupations frivoles et d une nonchalante oisiveté; capables de tout supporter pour la satisfaction de leur vanité ou de leur orgueil; constantes, dissimulées, machiavélistes, exemptes de scrupules dans les projets qui leur tiennent au cœur; plus civilisées que l'homme en dehors et demeurant au dedans de vraies sauvages : animées d'une haine profonde et secrète contre le despotisme masculin; enfin, également extrêmes dans leur force et dans leur faiblesse, et portant écrit sur le front le mot de l'Apocalypse : Mystère.
Mais n'est-ce pas à l'imprévoyance et à l'injustice deshommesqu'ilfaut faire remonter