CRITIQUE DES PUOPUETIEIS ET DES MIRACLES
qu'on connaît toutes les lois de la nature et qu'on sait que cet acte est une exception.
N'est-il pas facile à un homme adroit de fasciner les simples et d'étonner même les gens éclairés ? Qui nous dira de quelle espèce doit être un prodige, quelle authenticité il doit avoir, non seulement pour être cru^ mais pour qu'on soit punissable d'en douter?
Quelles seront les règles sûres pour discerner les vrais miracles des faux?
Puis, comment expliquer que Dieu choisisse, pour attester sa parole, des moyens qui ont eux-mêmes si grand besoin d'attestation? J
Quelle secte ne serait la bonne si, dans les divers pays, on tenaitpour vrais tous les prodiges que le peuple dit avoir vus? On se tire d'affaire en alléguant que le diable imite les prodiges de Dieu. Mais, à ce compte, comment distinguer si c'est Dieu ou le diable qui opère? Par la doctrine, dites-vous? Mais c'est un cercle vicieux d'avoir h prouver la doctrine par le miracle et le miracle par la doctrine.
Fabrc. — J.-J. Rjusi^au. ft