‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 52 sur 146 · LA DÎVIBÎON DES POUVOIRS · texte numérisé non relu

LA DÎVIBÎON DES POUVOIRS

la commune égalité, se font de plus en plus indépendants ; on imagine que la volonté d'hier est aussi celle d'aujourd'hui; la puissance qui agit énerve insensiblement la puissance qui veut; au lieu d'agir joottr elle, elle agit sur elle ; la loi devient soumise aux hommes; il ne reste plus que des esclaves et des maîtres : l'État est détruit.

Pour prévenir cette dissolution de l'Etat, il importe, aux yeux de Rousseau, d'accord ici avec Montesquieu, d'établir toutes les séparations possibles dans le corps du gouvernement, de telle sorte que la souveraineté de la nation soit sauvegardée par le ij partage des pouvoirs entre ses mandataires,

Le principe de la division des pouvoirs, justement applique au gouvernement, ne doit pas s'étendre à la souveraineté nationale. Celle-ci est une et indivisible par essence. De là suit l'exclusion du parlementarisme, qui transforme en autant de rois les élus de la nation.

(Les députés du peuple ne peuvent être que ses commissaires) S'ils sont ses représen-

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lanls, ils se suhstituciit <i lui, et sa souveraineté est aliénée |)on(lant leur législature.

Rousseau hlame donc Montesquieu d'adimetlre le système de la représentation et /d'en admirer la mise en œuvre chez les Anglais, a Le peuple anglais, dit-il, pense cire libre. 11 se trompe fort. 11 ne Test que durant l'élection des membres du Parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. »

Puisque le peuple ne saurait, sans se suicider, se dessaisir de la puissance législative, essence de sa souveraineté, il faut ou bien qu'il fasse directement les lois, ou bien qu'il limite le mandat de ses députés de telle sorte qu'ils ne puissent rien conclure définitivement, et qu'aucune loi n'ait force de loi qu'autant qu'elle aura été ratifiée par le peuple en personne.

Cette intervention de la masse des citoyens ne serait guère possible dans de grands Etats. Elle demande de petits Etats. Mais de petits Etats ne seront-ils pas exposés à être subjugués et ne perdront-ils pas ainsi en indépendance ce qu'ils auront gagné en

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