LA SOURCE DES ERREURS POLITIQUES DE ROUSSEAU
Si Rousseau ne protège pas assez la liberté ) individuelle contre les empiétements de la puissance collective, cela tient à l'idée qu'il / avait appris à se faire de l'État en lisant lés J anciens et surtout Platon.
A l'exemple de l'auteur de la République, Rousseau dépeint la société comme un être concret subsistant à travers les âges, comme un corps vivant dont on peut assimiler l'organisme à celui de l'homme. (( Le pouvoir souverain, dit-il dans son étude surV Economie politique, représente la tête ; les lois et les coutumes sont le cerveau, principe des nerfs
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et siège do rcnlendcmont, de la volonté et des scnR, dont les jngcs et les magistrats sont les organf's : le rnvnmcrcr, Tinclnstric ot l'agriciillurc sont la bouche et l'estomac (jui préparent la substance commune ; les finances publiques sont le sang qu'une sage économie, en faisant les fonctions du cœur, renvoie distribuer par tout le corps la puissance et la vie; les citoyens sont le corps et les membres qui font mouvoir, vivre et travailler la machine et qu'on ne saurait blesser en aucune partie qu'aussitôt l'impression douloureuse ne s'en porte au cerveau, si l'animal est dans un état de santé. »
La théorie de l'organisme social, esquissée par Rousseau, sera reprise par Hegel et par %Élr Auguste Comte.
A la suite de ce dernier, Herbert Spencer, dans sa Sociologie, entreprendra d expliquer comment s efiectuent la croissance et la / structure progressive de l'organisme social. Il montrera la société, agrégat de moins en moins homogène, se compliquant à mesure qu'elle grandit; les fonctions se diversifiant et s'harmonisant de plus en plus : les trois