‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 155 sur 251 · Rousseau, tome 111, page 119i · texte numérisé non relu

Rousseau, tome 111, page 119i

Est-ce à dire que pour échapper à Termui que les spectacles trompent un instant, mais qu'ils ne détruisent pas, il faut que l'homme- retourne dans les forêts des sauvages, loin de la civilisation, ou qu'il aille s'ensevelir dans une ïhébaïde, loin du monde? Non; l'homme a contre Tennui ufi meilleur refuge que la foret ou la cellule, c'est le chez-soi, c'est la famille, a Un père, un fds, un mari, dit Rousseau, ont des devoirs si cliers à remplir, qu'ils ne leur laissent rien à dérober à Tennui. » Bonne et douce pensée que Rousseau empruntait, sans le savoir, à saint Chrysostome^ « Eh quoi, dit saint Clirysostome, vous avez une femme et des enfants, vous avez une maison et des amis; qu'y a-t-il de plus agréable que le chez-soi animé par l'entretien de ses amis? Y a-t-il rien qui soit plus aimable et plus charmant que les caresses d'un enfant et raffection d'une femme, quand on aime l'honnêteté? J'ai entendu raconter une parole des Goths qui est pleine de philosophie, car, entendant parler des folies du théâtre et deshonteux divertissements qu'on y va chercher : « Est-ce que les Romains, disaient-ils, n'ont ni (( femme ni enfants pour avoir inventé de pareils plai- «sirs? » voulant montrer par là qu'il n'y a point de plaisir plus doux à un homme sage et réglé que celui qu'il reçoit de la société d'une honnête femme et de celle de ses enfants. » Que l'homme n'aille donc paÉ chercher bien loin ses plaisirs et sa joie; il les a cher lui, dans sa maison, en lui-même. Dieu, qui connaît

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