‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 157 sur 251 · Tome III, page · texte numérisé non relu

Tome III, page

.lE AN-JACQUES ROUSSEAU.

contre les autres ou remplacées par une passion dominante, qui ne rencontre d'obstacles que ce qu'il en faut pour Tanimer à la victoire, ce spectacle excite les passions plus qu'il ne les réprime. Elles apprennent à user de toutes leurs forces pour triompher à leur aise plutôt qu'à se contraindre et à se régler, elles s'instruisent au combat plutôt qu'à la discipline. « Consultez, dit Rousseau, Tétat de votre cœur à la fin d'une tragédie : l'émotion, le trouble et l'attendrissement qu'on sent en soi-même, et qui se prolongent après la pièce, annoncent-ils une disposition bien prochaine à surmonter et régler nos passions? Les impressions vives et touchantes dont nous prenons Thabitude, et qui reviennent si souvent, sont-elles bien propres à modérer nos sentiments au besoin ? Pourquoi l'image des peines qui naissent des passions effacerait-elle celle des transports de plaisir et de joie qu'on en voit aussi naître, et que les auteurs ont soin d'embellir encore po^r rendre leurs pièces plus agréables? Ne sait -on pas que toutes les passions sont sceurs, qu'une seule suffit pour en exciter mille, et que les combattre l'une par l'autre n'est qu'un moyen de rendre le cœur plus sensible à toutes ^ ? )) Plus loin , revenant encore sur l'état du cœur après le plaisir du théâtre, il ajoute : « Le mal qu'on reproche au théâtre n'est pas précisément d'inspirer des passions criminelles, mais de disposer l'âme à des sentiments trop tendres, qu'on satisfait ensuite aux dépens delà vertu. Les douces émo-

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