‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 216 sur 251 · Emile, livre v · texte numérisé non relu

Emile, livre v

SA YIE Eï SES OUVRAGES.

de ceux qui les prennent, et qu'à cause de cela les plaisirs ont une portée et un effet différents selon les temps et surtout selon la compagnie, il est naturel aussi que l'interdiction du bal et des spectacles soit plus ou moins sévère. L'usage du monde, l'intention de la mère, sont les motifs qui rendent la fréquentation du bal et du théâtre innocente ou dangereuse selon les temps ou selon les gens. Aussi, quoique Rousseau comprenne les bals, les festins et les spectacles dans ce qu'il appelle le monde, et que Fénelon et madame de Maintenon ne semblent comprendre par ce mot que la famille, cependant, comme c'est la famille oh le monde aborde^, je trouve que sur ce point il y a encore une sorte de ressemblance entre les maximes de Rousseau et celles de Fénelon et de madame de Maintenon ; mais cette ressemblance n'est qu'extérieure, et plus j'analyse cette conformité de préceptes, plus je vois percer la différence essentielle de principes et de méthode, de but et de route. C'est cette différence qu'il est temps de signaler.

Rousseau passe pour un philosophé sauvage et dur, et il a pris quelquefois ce rôle par calcul ou par caprice. Néanmoins, dans le cinquième livre de VÉmile et dans tout ce qui touche à l'éducation de la femme, si vous ôtez çà et là quelques boutades de mauvaise humeur, Rousseau est de beaucoup moins sévère et en même temps beaucoup moins élevé que Fénelon et madame de Maintenons « La femme, dit Rousseau, est faite spécialement pour plaire à

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