‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 91 sur 251 · Correspondance^ année · texte numérisé non relu

Correspondance^ année

irianle; elle est bonne et sensée, elle est digne et compatissante. « Votre lettre m'a fait rire d'abord, tant je la trouve extravagante; ensuite elle m'a affligée pour vous. Car il faut avoir l'esprit bien gauche pour se fâcher de propositions dictées par une amitié qui doit vous être connue, et pour supposer que j'ai le sot orgueil de vouloir me faire des créatures... Je ne vous conseille pas de prendre une détermination présentement^, car vous ne me paraissez pas en état de juger sainement de ce qui peut vous convenir. Bonjour, mon cher Rousseau^. »

On voit qu'entre le conte de fée que fait Rousseau de son établissement à l'Hermitage, et la négociation quinteuse dont témoigne la correspondance avec madame d'Épinay, il y a une différence notable. Enfin Rousseau accepta, tant madame d'Épinay mit de bonne grâce et de patience dans sa proposition. Elle fut ravie du consentement de Rousseau, et, comme elle en témoignait sa joie à Grimm, celui-ci la blâma fort du service qu elle rendait à Rousseau. Elle combattit son opinion et lui montra les lettres que Rousseau lui avait écrites, (c Je ne vois, dit Grimm, de la part de Rousseau, que de l'orgueil caché partout : vous lui rendez un fort mauvais service de lui donner l'habitation de l'Hermitage; mais vous vous en rendez un bien plus mauvais encore. La solitude achèvera de noircir son imagination; il verra tous ses amis injustes, ingrats, et vous toute la

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