SCÈNE VII MACCOUM, FANNY
Me voici, Daniel.
MACCOUM.
Chère Fanny, vous êtes venue, merci!
FANNY
Oui, remerciez-moi ! je fais pour vous de belles choses, je me suis échappée, pour ce rendez-vous, de la maison du
t U JEAN LA POSTE
colonel O'Grady, mon bon tuteur, qui m’aime si tendrement. Depuis un mois, je trompe tout le monde, je tnens à tous. .. Ce matin encore, j’ai eu lé corurage de sourire au colonel... Ah 1 je suis sans cœur ! et c’est votre faute.
MACCOÜMj
Et moi, Fanny, Je ne vous aime donc pas T
FANNY
Et c'est demain, m’avez-vous écrit, demain qu'il faut tout quitter pour vous suivre*’
MACCOÜM.
C’est demain que nous serons l’un à l’autre pour jamais!
FANNY
Demain, mais c'est impossible, Daniel... jamais je ne me déciderai à cela. Y songez- vous? Que dira le monde? Que pensera-t-on de moi, quand je serai partie?
On dira que Daniel Maccoum est revenu de son exil pour réclamef la main de la femme qu’il aimait, la main de la plus belle et de la plus pure jeune fille du comté, qui lui a gardé son cœur pendant quatre longues années d’abseace. Vous repentez- veus donc, Fanny, d'avoir cru à mon amùhr?
FANNY
Plaignez-vous, je vous le conseille! le vais tout quitter pour vous... vous allez m'emrhener... Dieu sait où... Si un jour vous ne m’aimez plus, que deviendrai-je?
MACCOÜM.
Comme ce jour n’arrivera jamais, je suis tranquille sur votre sort.
FANNT, •
Eh bien ! moi, je suis moins rassurée... Croyez-vous aux présages, Daniel?
MACCOÜM.
Quand ils sont bons, toujours.
FANNY
Écoutez-moi! Hier soir, j’ai voulu lire... j’ai ouvert un livre, et j’y ai trouvé, entre deux feuillets, une de vos anciennes lettres d’amour que j’y avais placée comme par mégarde... cela m’a fait réfléchir.., Si un jour Daniel me