SCÈNE II FANNY, O’GRADY
o'grady, entrant par la gauche.
Comme vous voilà rêveuse, ma pupille, à quoi songezvous?... A quelque bonne malice que vous préparez contre moi?
FANNY
Je n’ai jamais rien préparé, colonel ; je cède au souffle qui me pousse et au flot qui m’emmène... C’est peut-être mon tort, mais c’est aussi mon excuse.
o'grady.
.Vous tournez au lugubre ce matin... voyons, déride* ce front... je n'aime pas à vous voir soucieuse... il me semble que vous êtes malade. Seulement gardez un peu de gravité, car j’ai quelque chose de sérieux à vous dire. Voulez-vous, m’entendre, Fanny?
fanny, prenant une broderie.
Parlez; je suis tout oreilles, 6 le plus ennuyeux des tuteurs !
o’grady.
A la bonne heure... vous me dites des injures, le nuage est passé !... ( V prend une ehaise et s'asseoit près d’elle.)
FANNY
Eh bien! j’écoute !...
o’grady.
Vous rappelez- vous ce que vous m’avez dit, la dernière fois que vous m'avez refusé ma main?.,, il y a bientôt un an de cela.
fanny, s’efforçant pour plaisanter.
Un an? et vous voulez que je m'en souvienne... je me rappelle à peine le fond, et j’ai tout à fait oublié la forme.
o’grady.
Vous m'avez dit : Ne prononcez jamais le mot amour devant moi, avant de m’avoir apporté le pardon du proscrit Daniel Maccoum.
fanny, comme « elle-même.
Oui, je me souviens... la sentence de mort était pronoh-