ACTE DEUXIÈME
si mignonne, il me semble toujours qu'il va te pousser des ailes, et que je vais te voir disparaître dans le ciel , d'où tu es descendue pour sûr un beau matin ; et je me demande comment tu as pu faire pour aimer un garçon pauvre et ignorant comme moi.
NOUA
Comment, monsieur ! vous appelez mon mari pauvre et ’ ignorant 1 que je vous y reprenne I
JEAN
Oui, je suis pauvre ; mais je ne m'en suis aperçu que lorsque je t'ai vue franchir mon seuil. Oui, je suis ignorant, mais je ne l’ai su que quand j’ai voulu te dire l’amour qui était là, dans mon cœur... Vois-tu, j'ai peur quelquefois de t’effaroucher par ma brusquerie ; il faudra m’apprendre comment tu veux que je te parle et que je te regarde... il y a des jeunes filles que l'on craint de toucher, de peur de souiller leurs belles robes; mais toi, maintenant surtout que tu es à moi, je n’ose plus t’approcher, de peur d’effleurer ton âme si belle et si fraîche !
nora, lui passant les bras autour du cou et t’embrassant.
Tiens, voilà pour te punir, enjôleur! comme si ton âme ne valait pas cent fois la mienne 1
jean, la pressant sur son cœur.
O mon trésor, s’il existait un diamant aussi gros que toimême, ce serait une pauvre chose à côté de toi. ( Les gens de la noce sont entrés depuis quelque temps et se font des signes en montrant Jean et Nora.)
TOUS
Ah ! ah! ah !... ils sont pris. (Nora repousse vivement Jean
et s’écarte confuse.)