‹ Jean LamourChapitre 3 sur 13 · PARTIE CENTRALE DE LA GRILLE DU BALCON DU PREMIER i: T A G E · texte numérisé non relu

PARTIE CENTRALE DE LA GRILLE DU BALCON DU PREMIER i: T A G E

DE l'hôtel de VILLE DE NANCY.

Fac-simile de l.i gravure publie'c dans le Recueil des œuvres de Lamour.

tant d'exemples dans le nord de l'Europe et tout particulièrement en Allemagne. Il la choisit pour le lieu de sa sépulture, n'avant pas le droit, en vertu des traités, de se faire enterrer dans la chapelle ducale réservée à l'auguste maison de Lorraine. C'est là qu'il fit élever son mausolée et câfiii de la reine, son épouse.

L'historien de Nancv, Lionnois, raconte « qu'au-dessus de l'ordre d'architecture en pilastres, le sieur Lamour a posé une belle grille de fer avec ornements et dorure '. » De cette grille il ne reste plus rien, pas même un dessin. En 1792, elle fut adjugée, à vil prix, à un brocanteur qui la fit disparaître. Etait-elle dans le goût de celle de la table de communion actuelle et des trois balcons qui garnissent la tribune de l'orgue ? Les armes du roi de Pologne, les chiffres de Stanislas et de la reine

I. Histoire des villes vieille et neuve de Nancw t. 1. p. >S5.

GRILLE CENTRALE DES FONTAINES DE LA PLACE ROYALE, POSÉE EN lj55. Fac-similc Je la gravure publiée par Jean 1. amour.

Catherine Opalinska, témoignent que ces grilles ont été posées par ordre de ces souverains. Le style en est simple et rappelle celui de la lin du règne de Louis XIV, que Lamour avait pu étudier pendant son séjour à Paris. Aussi sommes-nous disposé à lui attribuer ces ouvrages, qui dénotent un esprit encore timide et peu personnel.

En pénétrant dans l'église, à droite de la porte d'entrée, on remarque une haute porte grillée, en style Louis XV, portant, au centre, le chiffre de Catherine Opalinska. Le dessin en est peu gracieux, voire lourd ; serait-ce là un des premiers essais de Lamour dans le style nouveau qu'il abordait, timidement, en homme qui tente un effort considérable, mais que, plus tard, à force de persévérantes études, il devait traiter avec une exquise délicatesse r Nous sommes très disposé à croire que nous avons ici les premières tentatives que lit Lamour dans l'art de la serrurerie décorative.

Lorsqu'il vint en Lorraine, Stanislas eût pu choisir pour habitation le palais que le duc Léopold avait commencé de bâtir près de l'ancien palais ducal. A l'imitation du grand roi, il préféra, à sa capitale, le séjour de la campagne et celui d'une petite ville voisine. Le château de la Malgrange et Lunéville furent ses résidences habituelles ; il v réunissait une cour élégante et lettrée. Comme nous le verrons dans la suite, Stanislas n'eut jamais qu'un pied-à-terre à Nancy.

Avant d'habiter le château de Lunéville, il fit élever à Chanteheux, petit village situé à trois kilomètres de cette ville, un pavillon magnifique qu'il appela le Salon, et à la construction duquel il n'emplova que des artistes lorrains, voulant les former, sous ses yeux, pour les travaux qu'il méditait de faire exécuter plus tard dans sa capitale. Heré fut son architecte et Jean Lamour son serrurier.

En 1767, Lamour publia le Recueil gravé, d'après ses dessins, des ouvrages en serrurerie qu'il fit pour le roi de Pologne. Cet atlas in-folio, devenu rare, est d'un grand secours, aujourd'hui, pour l'étude des châteaux de Chanteheux et de Commercy qui, à la mort de Stanislas, furent, le premier détruit, et le second converti en caserne. Il sera notre guide. On peut apprécier, par les planches gravées, les progrès que fit Lamour dans la conduite de ses travaux, et, à l'aide du texte, connaître le jugement que lui-même portait sur ses ouvrages. On verra qu'il ne s'épargnait pas la louange.

Quand Lamour fut appelé à Lunéville, où s'élaboraient les plans de

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