‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 20 sur 65 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

PIERRE, JEAN, caché, GENEVIÈVE.

Geneviève, entrant. Bonjour, Pierre.

pierre , cherchant à cacher son êmoti»n.

Tiens! cTst vous.. , madame Geneviève?

Geneviève. Jo viens de quitter l’église, car j’ai de graves choses à vous dire.

pierre, fui donnant un etcobeau. J'suis but à vol’service... madame Geneviève.

Geneviève, s’asseyant. D’abord, mon auu, je viens vous dire adieu.

pierre. Vous partez?

Gt.NKVirvK. Il le faut Mes parents me disent que jo dois paraître au plutôt à Naples pour m’assurer la possession de l'héritage auquel mon infortune me donne droit de prétendr 1 .

Je n’ai plus Jeai:-Cljude dont lo travail nous faisait vivre... II faut que j’accepte uno grande fortune pour garantir ma ûllo d'une misère sue seule, je ne pourrais conjurer. .. Jo riens d’abandonner au bon pasteur do Saint-Martin les quatre arpents des genêts, qui l'aideront » secourir les pauvres... et je vous apporte, mon ami, [elU prend une bourec de cuit ) les quarante éCUS que votte pauvre ami a payés de sa vie.

rirniip.. \ moi, madame Geneviève ?

CEjrÈvifcvR, pleurant. El vou? lie pouvez les refuser... C’est votre paît do l'héritage et du souvenir de votre meilleur ami.

pierre. Merci, madame Geneviève.

cbnkvièvi. L'argent se dépensera, mais gardez bien la bourse... Celait «a bourse do voyage... (Se levant et lui donnant une clef.) Voici, maintenant, la clef de la maison de Jean-Claude... Soyez-en le maître et le gardien ; et si vous voulez l’habiter...

PiERU R. Moi ! y demeurer sans vous, sans lui, oh ! non. La richesse a fermé pour longtemps la pauvre maisonnette.

gekeviève. Dieu fasse quo cette richesse qui me coûte si cher, m’aide... à garder le seul bien qui me reste, à me conserver ma fille Si vous saviez, mon ami, combien de fois, pendant les absences do Juan-Claude, je l'ai tenue brûlante ou glacée sur mes genoux, combien de fois... j'ai prié Dieu dans mon desespoir... et Dieu m’exauçait... le mal c*'$<ait an retour de son père, auquel je no disais rien d’une inquiétude évanouie... Car sa fille, c’était son trésor, sa vie... Mon pauvre Jean- Claude ! Dieu m'est témoin que tant qu’il a vecu^j'ai fait tout cù quo j’ai pu pour lui éviter de la peine. (Elle s essuie tes yeux.)

heure, à part. J’ai bien envie d'appeler Jean Claude.

GF.NKVifevit, conftNuanf. Ft si j’ai, dans ma douleur, une ombre do consolation, Pierre, c’est quand je pense qu’il doit se dire, en nous voyant de là-haut : Geneviève pourra maintenant garantir notre fille les froids do l’hiver, de la bise d’automne et la voir graudirsous un plus beau soleil.

pierre, d part. J’oso plus l'appeler. .

Geneviève. Adieu, Pierre !.. rappelez-vous encore que Geneviève richo à Ferrare, y sera san' un véritable ami.

pierre. Voua ôtes bien bonne... et jo vous aimerai ben toujours; mais jo n’po«rrai< pas vivre dans 1* grand monde qui vous appelle... j’y serais quasiment comme un chardon dans tes fleurs d’un jardin, et I* chardon, voyezvous, faut 1* laisser où lo vent l'a semé’. . . Quand il vient dans la vullée y n’ gène personne, et quelquefois môme, y peut garder dans ses f* ui.les quequ’ gouttes do rosée pour donner à boire aui petits oiseaux quand la ch. i leur a tuut séché dans la montagne... il faut If laisser là ou» qu'il est, voyez-vous, . . Mais. . . vous n* parte/ pas avant l’tanlût?

csNKVifcvK. Dans une heure, peut-être.

piürhr. Dans une heure?

Geneviève. Embrassez-moi, Pierre.

pierhb, se jetant dans ses èros. Ah! nu dame Geneviève!

ecHKVtàvB. Que le ciel, mon ami, vous faise la vie heureuse... [ÊUe monte à la porte, se retourne, tend ta main ù Pierre qui lu prend et iemb-twxe avec effusion. Geneviève part.

r ean, qui « ouvert la porte, fait deux ou truie ) • en scène.)

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