LE COMTE, MOREL
morrl. Je suis désolé, monsieur, de vous déranger, mais enchanté de vous joindre.
le comte , après un mouremmi de colère Que voulez-trous Y
morel. Vous prévenir que jo viens de passer à la Banque lo bon h vue que vous m’avez souscrit pour la somme do cinq un douze mille francs que vous me devez.
LE COMTE, écrivant toujours, et très indifféremment. Eh bien ! monsieur Morel, vousaurez la peine de reprendre a la Banque co bon de cinq cent douze mille francs... car je ne puis lo payer maintenant.
moiu:l. Vous ferez des fonds; moi, je ne puis plusatiendre.
lt comte. Et pourquoi... cette exigence?
morel, s'approchant de lui et à demi-voix. Parce que tandis quo le jeu vous absorbo...
vous ne voyez pas que les difficultés s'élèvent, parce que dans dix jours mademoisclla Jeanne qui sera majeure... vous fera les sommations d’usage... dans 1 quinze, elle vous demandera ses comptes... et comme je sais vos affaires passablement embrouillées, jo veux ôire remboursé le premier. .
le comte, se levant. Et vous avez pensé, monsieur Morel, que jo n’avais rien prevu...
rien préparé pour me garantir... et c'est une pensee aussi outrageante pour moi qui vous rend si audacieux ut si ingrat?
moiiel. Qu’espérez-vous donc, M. le comte?
lk comte. Sachez d'abord que co mariage de ma belle-Glto ne se fera pas avant six mois s’il so fait jamais... accordez-moi donc trois mois, ut d’ici là. .. la chance no me sera pas toujours contrairo, et tenez cette nuit ma veine était au gain.. . nous nous étions réunis vingt joueurs déterminés à Frascaii. nous ne craignions pas d’ôtre connus la fêle nous autorisait à jouer masqués... cl j’avais trois mille napoléons devant moi, quand le jour est venu nous interrompre.
morel. Vraiment!
le comte. Vingt fois de suite dans mon jeu, la carte maîtres» e et lu valut de carreau !
MAK RL* Viwwi f.ns ?
LF. COUTE. VKgt füiS.
H'irel, tendant lamuin. Si vous me donniez un à-compte?
lk comte. Fi donc!.. J'aurais l’airde vous confondre avec mes fournisseurs.
morel. Oh ! ça m'est bien égal.
le comte, fui prenant la ma/n. Et je fais trop de cas de vous, Morel, pour... Mais cotto voino reviendra .. la veino a »a durée comme la malchance.. J'aurai d'ailleurs bien tôt d’au très ressourcés pour vous payer., accordez-moi donc trois mois, otlaissuz-rnoiseul. I7f le conduit à la porte du fond.) Jo veux achever uno lettre très-importante que j’adresso à Florence où est le colonel 1 1 enri. (Jl se rassied pour écrire, j morel, près de la porte du fond. La colonel?
mais il ûst à Paris.
ie comte. Vous vous (rompez.
morel, se rapprochant. Pus du tout, j'en suis sûr, jo viens do l’apprendre au cercle... llscr, il a été reçu par l’empereur, et co malin, il lo suivait à la revue.
le comte. C’est uno erreur... madame la comtesse, que je viens do voir, n’aurait pas manqué de me le dire.
morel. C'est qu’elle l’ignoro ou qu’elle a voulu lo cacher.
lk comte. Vous ôtes fou... ça ne se pont pas. sinon, entrant. Monsieur le colonel Henri Roger sollicite l’honueur d'être admis auprès de monsieur lo comte. * morel. Quand je vous lo disais.
le comte, à Simon. Faites attendre le colonel. («Simon sort.)
morel. Le croyez-vous encore à Florence?
le comte. Eli bien, Motel, je sms bien aiso du lo voir un face, on n’est jamais si bien servi que par soi-môme. (Désignant la causeuse. ) Asseyez-vous... jo vais le recevoir devant vous et do telle façon, que peut-être aujourd'hui même ce mariage sera rompu.
morel, qui s’est assis. Ce serait bien joué le cou i e. F.t je suis en veiuc. ( Elevant la coi*.) Faites entrer le colonel.