MOREL, LECOMTE
morel, sc levant, au comte. F h bien ?
le comte. Vous avez lu celte lettre ?
morel. Je l’ai parcourue seulement.
IG comte, se levant, et la lui donnant.! isez-li donc (Morel lifjaAmbroiw, monsieur le comte » d’Arezzo veut se servir do ses derniers jours » d’autorité pour torturer ma Jeanne... et je n no puis mieux la lui cacher qu'en m'adres- " sont â vous. A dit heures précises ce soir...
» Jeanne sortira secrètement seule do l'hôtel,
• elle descendra la rue de Verneuil et celle «lu b Doc. . . Accourez, et soyez au coin do cet;**
» dernière rue où elle vous rencontrera. Vous b l'crmuc mirez d’abord chez vous à Chai! lot...
» demain vous partirez avec elle pour Fon-
• lainoblcau où vous resterez dix jours .. Ne n m écrivez pas, vos lettres pourraient indi- » quer sa retraite; d'ailleurs, Jeanno vouscono seüiera. b
won f.l, regardant sa montre. Et il est dit lieuses moins quelques minutes.
le comte, montant ta scène. Je n'ai que lo temps do m’opposer èi co départ. (S'arrêtant.) Mais non ! Je dois le souhaiter au contraire, maintenant que j’on suis instruis; ne com prenez-vous pas, Morel... que jo pourrai joindre Jeanne... et la voir sans craindre l'intervention de sa mère.
. wohi'l. Eu effet ?
lb cowTi. Au lieu de mo la rartr... madame la comtesse me la livre, et je serais désespère si elle changeaild’idée. (.Allant à la fenêtre, ouvrant le rideau.) Voyons co qui se passe. (A Morel. ) Otez celte lumière qui dessine mon ombre sur la fenêtre. ( Morel prend la lumière sur la meuble et la place sur la table.) Personne dans lo salon de madame la comtesse... On ouvre la porte du vesttbulo. .. co sont elles!., elles traversent la cour. . . la porte s’ouvre. . . madame la comtesse embrasse sa fille... Jeanne la quitte.. . la porte se referme. (Il s'éloigne de la fen£/r«.)Elle est parlie.(/f marche très-agité.)
mohel. Et peut-être ne rencontrant pas Ambroise... elle va revenir.
i B comte. Non, elle continuera son chemin jusqu’à Chaillou. . espérant toujoum le rencontrer... il est dix heures, n’esl-co pas ?
morei.. Oui, monsieur lo comte.
le coûte, ù pari. Dix heures... (Haut.) Savez-vous, Morel, que si nous no pouvons empêcher ce mariage... je serai peut-être emprisonné dans quinze jours.
■onEL. Je lo sais bien.
le comte. Et vous aussi, qu’une seule perquisition choz moi compromettra.
mohel. C’est bien là co qui m'épouvante.
lb conte. Morel, il faut suivre b trace de cetlo Jeune fille. (Il sonne.) Nous n’avons pas une minute à perdre. (A Ai mon. ) Qu’on me donno unu secondo lumière, j’ai des comptes à régler avec monsieur Morel, et nous voulons y travailler cette nuit. ( Morel passe comme pour s'asseoir ù la table ) kimox. Bien, monsieur le comte.
le comte. Qu'on se hâte... Et surtout que no js no soyons pas dérangés.
stMox. Soyez tranquille, monsieur le comte.
(H sort, le Comte ferme les verrous, Morel l'examine.)
LicoMTE. Venez, Morel.. . dépêchons-nous.
morei.. Vous dite# à vos gens que vous voulel rester enferme chez vous et ils tout vous voir sortir.
lb comte. Non. . , (Il ouvre la porte cachée.) J’ai la porte uno secrète qui nous conduira dans le jardin, d'où noussoruron^sans être vus.
mohki.. Très-bien,. . (Il prend son chapeau, le Comte prend deu x VMSj ues danslt meuble.)
lb comte, donnant un masque. Prenez co masque.. . moi je garde celui-ci.
Mobil, le prenant. Un masque... et... pourquoi ce masque?
le comte. Par prudence.
morel. Kl que voulez-vous donc faire?
ti comte. Je n’en sais rien encore... Nous y songerons en chemin.
morkl. Mais...
lb comtb. Voulez-vous donc perdre la trace de Jeanne?
uorei.. Non.
le comtb. Alors, partons.
MOREL. Je vous suis.
LB comte, le faisant passer à la porte secrète. Passez le premier... (s'arrêtant.) et ces bagues... qu'on mo voit toujours porter. (JJ Its Oie et les met sur la table.} Maintenant !... je vais jouer mon va tout?... (// pousse Morel tt sort.)