‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 35 sur 65 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PI tH HE, JEANNE, puis JEAN.

riKHtïK . J' n'entends plus parler. (A Jeanne, qut est en dehors.) V’uez, manuelle. .. y a plus personne.

jbanne . paraissant et avec inquiétude. Est*

• eque monsieur Jean est parti? {Elle est coiffée du bonnet acheté par Jean.)

heure. Oh t que non 1 sa voiture est encore là. Il est pVôlre oaos l’écurie. Faut-y l'appeler? JEANNE. Non, no le dérangez pas.

heure, fcroyanf sortir de l'écurie. Le voici. jean, te parlant d lui-même. L a fila du général Roger... ( Payant Pierre.) Te voila, Pierre... [Payant Jeanne.) Et voua aussi, i&am'zelle.

jeanne. Nous vous attendions... Vous nv veniez pas, et comme j’clais impatiente de vous remercier.. . pour le joli bounet que vous avez ou 1a bonté d'acheter pour moi... je suis venue. Comment le trouvez-vous?

jean. Bon Dieu, qu’il est joli! Après ça...

c’est pas 1’ bonnet... Mais depuis qu'vos couleurs soûl uu peu r’venues...

Jeanne , s’asseyant. J’espère , monsieur Jean, que nous aurons un grand compte à faire ensemble... Tant do soins, tant de bonté, et tant d’argent dépensé pour moi, tous les jours t jean. D' l’argent, manuelle... C’est pas presse... J’en ai toujours... Ccsl-à-diro nous on avons toujouis, Pierre et moi, un peu qui dort dans un’ tirelire.

pierre. Oui, nous avons une tirelire...

jeannb. C’est que j’ai encore quelque chose à demander à votre inépuisable obligeance.

jean. Dites, mademoiselle. ..

pierre, d part. C’est pT-ètro un châlo?...

Vlà le moincul d'offrir I’ mien. (Jl va le chercher dans le coffre à atome.)

jeanne. Depuis bientôt quatre jours, je crois, que je suis près de vous.

jean. Oui, tnainzelle... quatre jours.

jiuknr. Il n'y a que quelques heures que la clarté de mes idées... m’a pormisde comprendre tout ce qui vieut do m’arriver... et que j'ai pu penser à votre générosité... h Dieu... et à ma mère...

jean. Vol' pauv’ mère, elle doit Cire bien inquiète?

jearnk. Non, heureusement, elle ne m'a pas attendue. Elle me croit en voyage.

pierre, s'approchant en tenant derrière son dos ton châle enveloppé dans du papier. V’ii qu’est beu heureux ; et vol’ père?

Jeanne. Mon père... c'était pour le fuir que je m’éloignais si imprudemment.

jean. U no voüfs aime donc pas?

jeanne. Lui !... Mais il n'est pas mon père... | Ma mure a pordu sou premier mari.

jean. 11 n est qu' vol’ beau -père?

Jeanne. Oui ., et ma bonne mère qui voulait ne jamais se remarier s'est sacrifiée pour moi... pour sauver ma fortune, et elle en a été bien mal recompensee ; c'est à cause dé bton beaupftre quo Jo ne cours pal à i’inaimt

embrasser ma mère! que je dois attendre h demain ; (se levant) et je voudrais qu’elle fût prévenue en secret. . . non pas do l’accident, mais de mon arrivée inattendue, et j’ose vous prier, vous supplier... de vouloir bien vous charger d’une lettre pour elle. (Pendant cette phrase Pierre est passé de f autre crité et développe son petit châle.) jkan. C'est très-facile...

jeannb. Quu vous ne remettrez qu’à elle seule, car si ma lettre tombait entre les mains de mon beau-père... il pourrait en résulter un malheur.

jean. Soyez bien tranquille... v'U le jour qui baisse... j' vais sortir pour faire ma tournée du soir... votre mère demeure à Paris?

jkannk. Hue de Vorneuil, numéro huit.

jean. Numéro huit? J’ crois qu’ voua vous trompez d’ numéro...

JEANNE. Non. . .

jean. N* S? C’est un hôtel magnifique...

Jeanne. tjt>> appartient à ma mère.

jean A votre mère? {Pierre qui a développé son châle s’arrête interdit.)

jkanne. Et là, vous prierez le concierge de vous conduire auprès de madame la comtesse d’ A reno.

jean. Quoi, mamzello... vous ôtes la fille d’une comtesse?

JEANNE. Oui.. .

jean. Vous, manuelle!

pierre . La fille d’une comtesse I (A part.) Mon châle est trop p’tit... (Il se recule, le replie, et retourne près du coffre.)

jean. El moi, j’ai osé vous offrir... oh!., ce n’est pas uu bonnet qu' j’aurais dil vous apporter... c’est un chapeau, manuelle... mais j' ne savais pas que.. • parduu nez-moi...

jearne. Ce bonnet-là... monsieur Jean... je no le changerait pas contre un diadème... il deviendra le plus beau souvenir de ma vie.

pierre. Vraiment ?.. . JA part.) J’ vas y offrir mon châle. (Il le redépUt.)

Jean, bas à Pierre qui s'approche en ôtant son bonnet. Yeux-lu le cacher avec ton châle de trois livres quinze sous.

pirkkk. Faut pas? (lise relire et recommence d replier son chàle.)^

jean, à Jeanne. Et vous n’avez pas souffert de la pauvreté de votre hête ?

jeanne. Croyez-vous que tous les trésors du mende m'auraient arrachée de la rivière, sans le dévouement et le courage...

jean. C’est vrai que c' n’est pas la fortune qui donne du cœur.

jRANNK.OhiVüUsavezbien raison et vous prendrez bien garde que ma lettre ou tombe entre les mains du comte d’Arezzo, mon beau-père.

jean. N’ayez pas peur.

jeanns. Je vais me hâter de l’écrire.

jean. Oui, mamzûllql... Pierre va vous conduire et vous donner ce qu’il faut pour ça.

pierre. Venez, manuiTle, noua trouv’rons tout dans lu chambre.

jean, à Jeanne. Et pendant qu'vous écrirez... j’vas atteler, ça n’s'ra pas long. jkannr. C’est cela.

ptKRHE, la guidant. Par ici, mamzelle, par ici. (Elle moule. Se parlant à lui- même en la juimn/.) J'donn’rai mon châle à la bouq’nère ou j’en frai taire un gilet. (Il disparait avec Jeanne. )

Page 1