SCENE V
Les MImks. HENRI.
hbnni, entrant. Vous désirez me parler, monsieur le oomie ?
LE ODNÎB. Oui, COionel.
henhi, au Comte. Je vous préviens, monsieur le comte, que je refus© d’avance avec vous tout arrangement amiable... et maintenant, soyez bref... Qu’avez-vous à me dire?
le comte. Je veux vous conseiller de renoncer à votre mariage.
henni. Pourquoi cela, s’il vous plaît ?...
le comte. Souffrez que je vous refuso toute explication.
u » Bai Mais, monsieur le comte I...
le comte. Et cela dans votre intérêt.
henri. Il me semble que j’ai le droit d’exiger...
lecomtb. Le droit?...
henri. Oui, monsieurl... le droit!...
le comte. Eh bien ! monsieur, je vous donne ce conseil... parce qu’on ne peut épouser U fille d’uno femme que les tribunaux vont juger. hrnri. Que voulez-vous dire?
le comte. Que madame la comtesse est bigame.
henri. Bigame!...
lk comte, désignant Jean. Et col homme qui &o cachait sous lo nom du Montaguard...
henri. Mais c’est Jean le cocher.
le comte. C'est Jean-Claude Thibaut, son premier mari, que l’on disait mort.
jean, avec une grande vitacilé. Attendez donc l... Pardon, colonel. (Jl patte devant lui. — Au Comte.) C’est Jean-Claude Thibnut que vous cherchez?... Thibaut, natif de Saiut-üenis... un ancien voiturier... qui habitait prés desGcnêts... oh! j’i’ai ben counu, Jean Thibaut... il a été lue dans la montagne.
hbnei. Avec mon père...
jean. Qu'avait été, vendu par un Vénitien qui, le jour de la Sainte-Thérèse, s’ébit cai.hu dans la cabane à Jean-Claude. (Au Comte.) Oh I j’ puis vous parler de celte histoire, moi! T paur Jean-Claude est mort dans mes bras, monsieur 1© comte... en disant que P traître dont il avait vu I’ nom sur uue escarcelle oubliée... s’appelait Luidgi!
le comte, à part. Imprudent 1 jear, au colonel. El l'géneral Bonaparte, quoique pas riche alors, avait promis une poignée d’or h celui qui découvrirait l'nom d’ famille de ce Luidgi... et j'Iuis ben sùr que pour savoir qui a (ait égorger sort compagnon d’armes, l'empereur Na|>oléou donnerait maintenant plus de vingt drapeaux conquis... mais on n’a jamais pu découvrir l’nom a’fatmUe de ce Veuiuen maudit. (Au Comte.) Vous n’en avez jamais entendu parler, monsieur le comte, vous qui êtes né natif de Venise?
lecomtb, trét-imu. Moi!., je suis né à Foi rare.
le colonel. Depuis dix-huit ans... cet homme, es meurtrier de mon père est mort sans doute..
jean, fixant le Comte. On n’sail pas... les animaux ferocos vivent plus longtemps qu'les autres . et vous avez cru, monsieur le comte, que j’étais, moi, Jean Thibaut, parce que t comme lui j' m’appelle Jean, et que j suis comme
lui un enfantées montagnes.. Rassurez- vous, monsieur le comte. . et voua pouvez vous enavaincre d’ vot' erreur, lenei, (jetant de* papier* tur la table) voici les étala d’ service de Jean le Montagnard... touillez... lises, tt y uianque mes extraits de naissance et d’baplême.. Lo premier, mou père n* Ta pas Mai»
dans mon sac, ot le second, c'est 1rs eama rades qui l’ont signé en m'appelant l’Monugnard... et quant à Jean Thibaut... «fortune mauvaise idée qu’vous avez eus... pour tourmenter madame U comtesse, et cela pourrait vous porter malheur un jour, monsieur le comte ; têt ou lard, voyez-vous bien... les méchantes actions sont punies.. et plus oo avance eu âge... plus on devient convaincu qu’y a un’ justice dans l'cieL (A Henri.) Adieu, colonel ' iienri. Vous parlez?
jean. Oui, mais nous n'tarderuns pasà oou* r’trouver ensemble. (ÆetvtioHf vert le Comte.) Monsieur le comte, jo r’vieodral vous r’demander les papiers de Jean, l’enfant trouvé, surnommé... le Montagnard... A bientôt. (71 tort.)