‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 57 sur 65 · SCÈNE vn · texte numérisé non relu

SCÈNE vn

LE COMTE, puis JEAN.

le comte, froissant Ut papiers qu'il tient à la main et Us jetant avec dépit sur la table. La guerre!... oh! je vous vaincrais tous sans l’horrible fatalité qui me poursuit toujours... cet homme. . ce Thibaut, a maintenant un secret terrible... mais, le croira-t-on? oui, les vieux soldats sont écoutés en France... Comment pourrai-je me délivrer de lui? (7»

s'assied à droite .) Mais ce n’est pas Thibaut que je dois redouter... il a mon secret j maij'ai celui de la comtesse... et pour éviter de compromettre Geneviève, il va fuir h loin, sans doute, que j’aurai peine à le joindre.

Non, oo n’est pas lui que je dois craindra., c'est le colonel... c’est aussi la comtesse (/ean saute de lafenéire dans le taloa. L* Comte effrayé. ) Qui vient là ?...

jean. G* dragon... dans le camp ennemi le comte, furieux. Vous escaladez!...

m.\. Vous avez bien enfoncé ma porte !

j’puis bien ouvrir votre fenêtre!... (Jl ami que j'ai rencontré dans ht cour m’a (ait b courte échelle, et j’ai pris le plus court.

le comte, s'emportant. Je vous trouve bien hardi !

jkan, tris-calme. Ne vous fâchez pas encore.

(71 passe de l'autre côté.) J’en ai long à von» dire... et avant tout I© chapelet d’ma mère...

le comte, U lui donnant. C*o»t là oo que vous voulez?.,, le voici. Vous avouez donc maintenant que vous êtes le fila de Mariante Thibaut?

jean, prenant le chapelet. Le fils de Mar taon©, qui vient venger Geneviève!

le comte. Ou peut-être la perdre.

j bah. Non pas, Luidgi!

Ut comte. Je ne suis pas le Luidgi que vous cherchez.

je*!*. Vous le dites bien tard.

lb comte. Quelles preuve» en avez-vous?

jus. Je prouverai d'abord que pour foire mourir le guide, vous avez fait fusiller l'général ; vous qui étiez intéressé h la mort de Jean-Claude..

ut comte. Moil et pourquoi?...

je***. Pour enrichir Geneviève et la voler plus tard.

le comte. La voler I...

j R*;*, vivement. J’n’ai paslVmps d choisir 1rs mots. jTai dit et j'ai bien fait, et j’ prouverai peut-être aussi qu’y a pas encore ben long* temps, vous vous ôtes masqué pour jeter une femme à l'eau.

le comte, furieux. Vous osez supposer...

je***. Oui... maisj’n’ose pas m'en plaindre... carcVst h cause de co crime que j’ai pu sauver ma fille et r'trouver Geneviève... et j‘ pourrais ben mVacher à mon tour pour vous attendre au passage; mais quand on a pendant douze ans défendu ('drapeau d’Ia France...

on n’fait pas d'cea choses-lli... On attaque son ennemi en fore, on l’appelle loyalement., «n duel, c’est p'têtre un tort... mais c’est comme ça... et t'Ia pourquoi j'étais pressé de v oir vous d’mander, en deux temps!... et votre heure. .. et le lieu du rendez-vous ..

le comte. La passion... pleine d'insolence qui vous anime... vous empêche de songer à la distance...

jean. Pardon... j’sais qu’vous êtes un scélérat, que j’suis un honnête homme... et j'fais bon marrhé dr la différence...

le comte. Il y a malheureusement des espaces que certaines lois de la noblesse défendent d«* franchir., je suis, moi, comte d’Arez/o et chevalier d** Siinl-Marc.

je iv. Je l'suis, moi, de la Légion d’honneur, et j'parierais qu'i’ai eu plus d'mal à gagner ma noix, qti'vuus la vôtre... Mais n’p^rlous pas d'tout ça.

le comte. Pourtant...

jkaK. Vous êtes comte ou chevalier, ditesvous?... Vi u« êtes un misérable'.

le comte. Monsieur!...

jëan. Vous ôtes un in’âme! qui avez depuis douze ans... dépouille, volé, torturé deux femme si sans défense... et quand U* pèreot l’époux rient enfin provoquer l’bourreau d’s femme etd’sa fille... vous parlez d© distance... ohl prenez garde, Luidgi! que l'vieux soldat n’oublie un insl. ni les lois que lui commande l'honneur... Et... fixons sans retard l'heure d’un combat, j'vous le cons- il le.

LE comte. Si j'accepiais une rencontre avec vous, qui serait votre témoin?

jeav. Que vous importe ?

le comtb. Le mien voudra le savoir...

jean. Mon témoin s’ra P’tit-Pierre, un ami d’enfance qui a Y dévouement d’un frère.

le comte, te promenant nonchalamment. Je ne trouverais jamais un seul de mes amis consentant à régler les cond. lions d’un duel avec Petit-Pierre , et cela rend ce duel impossible.

JEAN. Vraiment! nous arrangeronsça d’une autre manière... J’irai chercher mon ancien commandant de la bataille d’Arcole, qui était l'intime ami du général Roger, et 1* général Masséna , qu'est aujourd'hui marvchrfl de Franco, prince d'Essling et duc de Rivoli...

accourra sur P terrain en jurant de faire fusiller 1* soir Luidgi le traître , dans 1' cas où j 1 l'aurai manque le matin. El si vos amis trouv’nt encore 1’ maréchal trop petit pour eux, dame 1 je n' connais d' plus grand qu’ lui que F pape et l'empereur... Mais î’ pape y défend lu duel, et l'empereur on dit qu’il a pas 1' temps... (Voyant que U Comte inquiet te nxord Us lèvre*. ) Allons! j‘ vois que vous préférez Pierre au maréchal... Va pour Pierre, et n’eu parlons plus... Maintenant, lo lieu du r«ndcz-vous?

le comte, après avoir rè/Uchi. Le bois do Vincennes.

J R an- li est bien grand, I* bois de Vinconnus I

le comte. Porto St-Mandé, maison du garde.

s van. C'est dit; auelle heure?

le comte. Le point du jour.

jean. C'est con vouai ot pas sans peine. (Il se dirige vers le fond.)

le comte, à part. De cette façon je saurai où le trouver.

jean, ou fond. A demain... ne l’oubliez pas.

le comtk, «'animant et allant à lui. Je m’en souviendrai, car j’espère, monsieur Jean, le pilier de raserue, vous châtier pour vos sanglants outrages.

JEas. Allons donc! vous avez 1’ courage que donne la colère... Prenez-y garde l ça s’ passe bien vite, li liez de le garder jusqu'à l'heure du combat. A demain, comte Luidgi, et a mort!

le comte. A demain, Claude-Jean Thibaut!

et à mort! (7amfi« qu'immobtUs ils se fixent tous deux , le rideau tombe.)

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