‹ Jean Lorrain: Un Second Oratoire Chroniques RetrouvéesChapitre 8 sur 41 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

de classement Numéro Page du recueil] rectifié d’ordre Chapoutot

45 29 septembre 1888 47 69 46 10 octobre 48 70 47 12 octobre 49 48 15 octobre 50 72 49 21 octobre 51 79 50 Fin octobre 1888 52 74 51 28 octobre 1888 54 76 52 1er novembre 1888 55 53 5 novembre 1888 56 54 9 novembre 1888 517 55 DMOVEMPTERSS seeds 58 56 15 juin 1889 59 57 21 septembre 1889 53 58 23 octobre 1889 60 59 25 octobre 1889 61 60 19 novembre 62 61 21 novembre 1889 42 62 10 décembre 1889 63 63 19 décembre 1889 64 64 22 décembre 1889 65 65 15 juin 1890 66 66 29 juin 1890 67 67 16 juillet 1890 68 68 Date indéterminable 3

Les articles de Jean Lorrain que nous publions dans cette étude jurent signés de divers pseudonymes. Avant de les aborder, il convient donc de voir de quelles signatures diverses usa le chroniqueur. Ce furent, à L’Evénement, son pseudonyme officiel d’abord : Jean Lorrain, puis Bruscambille, Francine et Arlequine. Le Restif de la Bretonne, de L'Echo de Paris ef du Journal, n’était pas encore né.

Du pseudonyme Jean Lorrain, nous n'avons rien à dire (1). Paul Duval ne portait déjà plus, à cette date, d’autre nom en littérature et même dans le monde, si bien que sa mère signait : Duval-Lorrain.

En Bruscambille, Lorrain choisit pour patron, dans le monde de la

(1) Dans notre thèse principale : Jean Lorrain, nous avons indiqué comment il fut choisi au hasard d’une épingle glissée par Mme Duval aux feuillets d’un dictionnaire, p. 22.

ne

chronique, un personnage paradoxal, facélieux, frondeur el fantaisiste comme lui-même ; un homme enfin à l'esprit cousin-germain du sien, le sieur DES LAURIERS, comédien à l’Hôlel de Bourgogne, successeur de GAUTHIER-GARGUILLE, lui-même, chroniqueur avant qu'il existât des journaux pour recueillir ses articles. A une époque où il eût été peut-être dangereux de signer de son vrai nom satires et facéties, Des Lauriers avait abrité son incognito sous le couvert de Bruscambille, personnage de la Comédie italienne (1).

Comment Jean Lorrain fut-il amené à prendre pour son compte l& signature de Des Lauriers ? Il ne le dit nulle part. C’est sans doute parce que l'esprit de Bruscambille lui plaisait plus particulièrement.

Il avait été convenu, en juillet 1887, entre Lorrain el Magnier que le chroniqueur donnerait à L’Evénement un Lorrain {ous les mercredis et deux Bruscambille par mois. Le pseudonyme de Bruscambille date donc des débuts de Jean Lorrain à L'Evénement et nous l’y trouvons encore en 1889 (2). Seulement, la proportion prévue des Lorrain et des Bruscambille ne fut jamais observée. Nous savons que les articles, qu’ils fussent des Lorrain ou des Bruscambille, passaient très irrégulièrement.

Bien que le chroniqueur ne l'ait jamais nettement spécifié, les Lorrain étaient surtout des chroniques littéraires et les Bruscambille des chroniques parisiennes. Le 13 juillet 1888, Lorrain écrivait à Magnier : « En me commandant une chronique sur Baudry, vous avez certainement oublié que mon Bruscambille {tombait le samedi 14 juillet et que l'actualité me forçait, chroniqueur Bruscambillant, de parler de cette fête... » L'actualité serait donc réservée à Bruscambille et de préférence l'actualité parisienne, car, dans la méme lettre, Lorrain écrit encore : « Voilà pourquoi j'ai pris sur moi de vous envoyer Mademoiselle Quinquet (3), très frétillante et bruscambillante étude de la jeune fille en l’an 18388. » Les mondanités paraissent être aussi du domaine de Bruscambille : « Quel joli Bruscambille il y aurait à faire avec le duc de la Rochefoucauld

(1) Les ouvrages conservés de Deslauriers sont les suivants :

Les Bigarrures sentencieuses de M. Bruscambille sur les affaires de ce temps (1622).

Le Discours de Bruscambille avec la description de Conchino-Conchini (1617).

Facétieux paradoxes de Bruscambille et autres discours comiques, le tout nouvellement tiré de l’escarcelle de son imagination (1615).

Les fantaisies de Bruscambille (1612).

Lettres d’un gentilhomme frondeur à un sien ami sur le cardinal Mazarin (8 janvier 1652).

Paradoxe facétieux pour montrer que la pauvreté est très noble et préférable à l'excès de richesse.

(2) Le 19 novembre 1889, une lettre de Lorrain à Magnier commence par ces mots : « Je crois tenir un bon Bruscambille. »

(3) N'a jamais paru.

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