DESSEINS DE BERNARD
taire, Tespoir d'y parvenir ; et, comme Brisach faisait alors partie de T Alsace et qu'il projetait d'en faire sa capitale, il Toccupa en son propre nom, en donna le gouvernement à Erlach, avec une garnison de deux régiments allemands et n'envoya pas à Paris les drapeaux pris sur l'ennemi, comme il l'avait fait après ses vie-toires de Rheinfeld, de Wittenweyer et de Thann. Il faisait acte d'indépendance ; mais la France, de son côté, n'entendait pas laisser s'établir, sur sa frontière d'Allemagne, une principauté héréditaire, et abandonner une place dont elle pourrait faire la base de ses attaques contre les Impériaux.
L'investiture de l'Alsace se faisant attendre, Bernard conçut le singulier dessein de s'emparer de là Franche-Comté, qui appartenait alors à l'Espagne, afin de l'échanger ensuite avec la France contre l'Alsace. Il espérait aussi procurer, en attendant, de bons quartiers d'hiver à ses troupes. Le 11 février 1639 il occupa Pontarlier et y installa son quartier général.
Mais il ne pouvait pas achever sa conquête sans l'argent de la France, et le roi ne consen-
tait à lui en fournir que s'il lui livrait Brisach. Il en résulta que pendant que Bernard envoyait Joachim de Wicquefortà Paris(décembre 1638), pour demander des subsides, le roi envoyait de risleà Pontarlièr pour réclamer Brisach.
Les négociations allaient commencer, quand Bernard déclara tout à coup qu'il allait luimême se rendre à Paris. Mais, mal conseillé par son agent Wicquefort, qui était hostile à la France, il abandonna son projet avec la même précipitation qu'il avait mise à l'adopter, et songea même à rompre complètement avec le roi en gardant Brisach.
Elisabeth*, veuve du Palatin et sœur de Charles V% roi d'Angleterre, lui écrivit pour Ty engager (16 février 1639), et le Gouvernement anglais promit de la soutenir.
Cependant Louis XIII et Richelieu (8 février 1639), informés du dessein du duc de Weimar de se rendre à Paris, avaient tout préparé pour luifaireleplusbrillantaccueil.Lalettre de refus, adressée à Richelieu (23 février) , blessa vive-
^ Les lettres de Wicquefort et d'Elisabeth sont en français, (GONZENBACH, I, ^98-306-310.