DESSEINS DE BERNARD
ment la Cour et produisit un effet si désastreux pour le duc, que Hoeufflt, son agent financier à Paris, lui écrivit (16-22 mars) pour le presser de se réconcilier à tout prix avec la France.
Bernard, qui n'avait reçu de l'Angleterre que de vagues promesseSjSelaissa facilement persuader par HoeufR, et envoya aussitôt à Paris le personnage en qui il avait le plus de confiance et qui était le plus capable de réussir. Erlach, son major-général devait l'excuser et surtout éclaircir la situation» Erlach fut favorablement accueilli à Saint-Germain par le roi et par la reine, assez froidement par Richelieu; l'ancienne entente fut néanmoins rétablie.
Erlach demandait des renforts et de l'argent ; il obtint peu de chose. On lui offrit de nouveau une pension de 12.000 livres. Il l'avait refusée en 1638 ; il l'accepta en 1639 ; il crut pouvoir le faire parce que, ainsi que Bernard, il se trouvait maintenant tout à fait au service du roi * Aucun de ses contemporains ne Ten blâma, et c'est seulement deux cents ans plus tard que divers historiens, entre autres Rose, l'ont accusé de s*être laissé corrompre.
J.-L. d'Erlach. 3
a JEAN-LOUIS D'ERLACH
Brisach avait alors une si grande imporce que tous les partis désiraient posséder te place et, pour y parvenir, s'efforçaient de jner le duc de Weimar. Le roi d'Espagne et Bpereur* tentèrent eux-mêmes de négocier ;rètement avec lui : ils échouèrent j la France issit. Il fallait conclure un nouveau traité îc Bernard ; la mort du duc n'eu laissa pas temps, et le traité, qui devait être signé îc lui, le fut avec son armée.
Le 10 juillet 1639, Bernard, alors à Montnoit®, partit pour se rendre par Ferrette^ à iuenbourg, et v passer le Rhin. Sa renommée lit alors si grande qu'on accourait de tous lés sur son passage. Il vit lui-même, dans t empressement, un funeste présage. « Gus- /e - Adolphe, dit-il, est mort dès que le uple l'a considéré comme un Dieu; je attends à avoir le même sort ». Il lui restait, effet, peu de jours à vivre.
' Voir pour les tentatives âiites par l'empereur dans ce isein, 0. DaoYSEN, Bernhard eon Weimar, 11, p, 62, î, 317, 400, 405, 408, ©0.
' Nord-est de Pontarlier, * Pfirt eu^emand.