MORT DE BERNARD
Ariivé à Neuenbourg où ses troup saieQt le Rhin sous le commandement il tomba gravement malade. Voyan fin, il appela ses officiers auprès de ] recommanda de demeurer unis et d soutenir la bonne cause. Pendant '.
17 au 18 juillet, il eut une forte dian corps enfla et se couvrit de taches, matinée du 18 juillet il reçut la comi dicta ses dernières volontés à son Rehlinger. Il s'entretint ensuite ave mônier, se mit en prières, pronon^ rôles : « Père, je remets mon âme mains », fit un signe de croix, invoc de Jésus, joignit les mains et mourui trente-cinq ans '.
* Sor la piété de Bernard de Weimar, Toîr B. v. W., I, 106. Sur sa mort, id., II, 572 e II, 325 et H.
Bernard n'avait pas été marié, il fut quesl de lai faire épouser Marguerite de Rohan, fil! du duc de Roliao, mort peu de tempe aprèa, t reçue au premier combat de Rheinfeld ; Bernai le roi s'opposait, d'ailleurs, à ce mariage: il n après la mort de Rohaa, donner un nouveau prolestant. Une lettre d'Erlach h Bernard, du
8 JEAN-LOUIS D'EBLACH
Erlach était absent au moment de la mort jrd. Dès qu'il fut de retour, les colo- 'econnurent pour leur chef, et il fut ae Tarmée aurait désormais à sa tête irecteurs : le major-général Erlach et els Ehm, Nassau et Rosen.
ait devenir l'armée "weimarienne ?
testament Bernard avait disposé de uêtes : il les avait léguées à ses frères, ax-ci les refusaient, à la France ; il rien de son armée. Erlach et tous srs désiraient demeurer au service de e, mais ils se trouvèrent en désaccord induite à tenir à ce sujet. Les officiers 'avis d'envoyer à Paris le colonel m, qui savait parler et écrire la langue ;, chose rare dans l'armée weimaalors entièrement composée d'Alleje colonel devait assurer le roi de la
I que le roi s'oppose à ee qu'il épouse Msrgaerite GoNZBNBACH, Document! , I, 86). Il tiit peut-être ioD d'un mariage de Bernard avec la landgrave Euibetb de Hease-CasBel (Qonz.I, 127). Une lettre Bernard, non datée, lui parle de deux mariages, ter de nom (ÛONZ, I, Documentt, p. 84).
L'ARMÉE WEIHARIEBM
âdélité de Tarmée, demander le maie traité de Saint-Germain, et réctai subsides et des renforts. Erlach fut d différent. Il réunit les directeurs, a les autres officiers à Brisach, le 4 aoû et leur déclara qu'il serait offensant roi de lui envoyer un colonel pour 1 en termes vagues de leur âdélité, devaient, sans lui poser de conditions, résolument parti pour la France qu pouvait les payer.
Flersheim n'en partit pas moins. A Paris, il apprit que la cour était à L; rendit et fut bien accueilli. On le néanmoins à Brisacli où Guébriant, i d'Oysonville (1) et le conseiller Choisi chargés de négocier.
L'armée weimarienne jouissait en d'une si grande réputation que tous le non seulement la France et la Suè( l'empereur lui-même désiraient la pr leur service.
> Conseiller d'État et iaiendatit d'Alsace.
L'agent suédois Mockel, qui résidait à Benfeld, voyant que les agents français négociaient avec les officiers, s'eflforça de gagner les simples soldats en leur inspirant de la défiance pour leurs chefs ^ Mais les soldats, qui savaient que la Suède manquait d'argent, refusèrent d'entrer à son service.
L'empereur Ferdinand III ne réussit pas mieux. Il eut beau menacer de la perte de tous leurs droits les officiers elles soldats qui ne se soumettraient pas dans un délai de dix jours, et promettre des récompenses à ceux qui entreraient à son service, il ne put rien obtenir.
Les négociations des frères de Bernard durèrent plus Ion temps, mais ne réussirent pas davantage. Dès que la mort du duc fiit connue, Guillaume, Albert et Ernest délibérèrent sur ce qu'il y avait à faire. Réconciliés avec l'empereur par l'acceptation de la paix de Prague, devaient-ils de nouveau changer de parti et, pour acquérir la possession incertaine des
1 La reine Ghristiiie de Suède prétendait avoir des droits sur Tarmée weimarienne.
L'ARMÉE WEIMARIErfNE
conquêtes de Bernard, s'exposer à pei états héréditaires ? Avant de se d< envoyèrent des agents à Brisach pou le terrain : d'abord Henri-Philibert di page de Guillaume', et Hofn3ann,bail puis le conseiller Christian Weber, ei tin Hecker.
Les négociations n'eurent aucun r les princes de Weimar finirent par re des conquêtes qu'aucun d'eux u'étai de conserver. Ils réclamèrent seulen:
gent et les bijoux que leur frère 1( légués. L'argent avait été considér réduit parcequ'on avait dû eu emplojt forte part à payer la solde des troupe ce qui restait devait servir à acquittei faits aux officiers. Ce reste ne pouv pas suffire; c'est pourquoi les frèresdf envoyèrent des agents à Paris ( 1640) [ le roi de compléter le payement des le, consentit à fournir pour cela 150.01 (10novembrel641)et, cettesommeni
1 II arriva à Brisacb le 4 octobre 1639.
pas encore, les ducs laissèrent prélever sur les bijoux de Bernard, déposés à Bâle, une valeur de 20.000 thalers. Enfin, en vertu d'un traité qu'il conclut avec Krosig (8 septembre 1642) Erlach remit aux ducs de Weimar le mobilier, les bijoux de famille et les archives. Les archives furent déposées d'abord à Weimar, puis à Gotha.
Bernard avait légué de l'argent à Erlach, Ses frères, ne pouvant le payer, lui livrèrent de la vaisselle et objets précieux provenant de rhéritage ; Erlach les remit à Herwarth, son banquier à Bâle, pour se procurer quelques ressources et, malgré ces négociations délicates, il sut demeurer en bons termes avec les frères deBernard.
Revenons aux négociations avec la France.
Aussitôt la nouvelle reçue (28 juillet 1639) de la mort du duc de Weimar, le Gouvernement français s'était empressé d'envoyer de Mouzon (12 août 1639) d'Oysonville, neveu du ministre de la guerre Des Noyers, pour porter des instructions à Guébriant qui se trouvait alors à Brisach.
L'ARMÉE WEIMARIENNE
Résolu à conserver l'armée wei la France, Richelieu pensait qu'on faire à de meilleures conditions eu séparément avec chaque colonel, qu avec toute l'armée. Guébriant, charj cier sur cette base, essaya de j colonels, en leur offrant la même se vivant du duc, et en y ajoutant dei Les régiments entreraient, chacui compte, au service de la France, et ainsi de former une armée indépend les Weimariens se montrèrent déci( se laisser morceler et, de peur de tenter, on consentit à les laisser réu
Une autre difficulté se présenta mariens, tout en demeurant au se France, demandaient à être, comm* de Bemard.commandésparun princ Au nombre de ceux qui auraient p à leur tête, se trouvait le jeune prin Louis, fils aîné du Palatin et neveu d gleterre, Charles l^^ Sa mère Elis:
reine de Bohême, envoya des agenti pour faire des ouvertures à cet t
directeurs répondirent qu'ils ne pouvaient rien faire sans le consentement de la France et de la Suède. L'arrestation du Palatin mit brusquement tin, d'ailleurs, à cette négociation. Tandisque ce prétendant fôcheux arrivait d'Angleterre et traversait la France pour se rendre à Brisach, il fut arrêté à Moulins ' par ordre de Richelieu (24 octobre 1 639), enfermé à Vincennes où il demeuraprisonuier jusqu'au moisd'aoùt de l'année suivante (1640) et, comme l'armée weimarienne exprimait toujours le désir d'avoir à sa tête un prince allemand, on se contenta de lui répondre que le duc deLougueville, auquel le roi avait donné le commandement, était un prince allemand, puisqu'il était duc de Neuenbourg, pays allemand.
On était loin d'être d'accord. On crut arriver plus facilement à s'entendre en transportant les négociations à Golmar oii se trouvait le quartier général du duc de Longuevîlle (24 septembre 1639). On ne s'y entendit pas mieux qu'àBrisach. Les colonels-directeurs, qui,
' Avec son frère Mauj-ice qui étudiait alors à l'Univeraité de ParÎB.
TBAITÉ DE BBISACI lorsqu'on leur parlait en parti traient décidés à céder sur tout, objections dès qu'ils se trouva craignaient d'être accusés d étaient, d'ailleurs, incapables c eux-rnêmes; Erlach seul savai français pour traiter sans inte plénipotentiaires. Des difficulté au sujet de la nomination des c places, Longueville feignit de v avec ses troupes en Bourgogn teurs, craignant d'être abaadoi relâchèrent de leurs prétentions vèrentde nouvelles sur la quest Les négociations ayant écl furent transportées de nouveau comme on craignait que l'armé manquant de direction, n'en vîl ou à fonder une république de nipotentiaire français, Ghoisy, i cessions, et le traité entre 1ère enfin signé le 9 octobre 163i principales conditions.
' Le texte allemand du traité se trouT<
Le roi payera les sommes convenues (2. iOO.OOO livres par an) et fournira les munitions. L'armée combattra partout où le roi le désirera, pour le rétablissement de la liberté commune et des états opprimés. Le duc de Longueville commandera, mais consultera les directeurs. Les places fortes seront livrées au roi de France. Le roi donnera à qui il voudra le commandement de Brisach et de Fribourg, et y mettra des garnisons moitié françaises moitié allemandes. Pour les autres places, il en nommera aussi les commandants en les prenant toutefois parmi les officiers de Tarmée weimarienne. Les commandants devront prêter serment au roi seul. L'armée et les garnisons des places fortes auront le libre exercice de la religion protestante. Un article secret^ ayant la même date que le traité, stipulait que le roi, bien qu'il pût nommer qui il voudrait au commandement de Brisach et de Fribourg, y laisserait néanmoins les commandants établis par le duc de
I, 511, 512; et le texte français dans Aubéry, Richelieu, Paris, Bertier, 1660, IIj 444, — Voir la formule du serment pour les officiers et les soldats (Gonzbnbagh, I, 509, 519).
Hb
TRAITÉ DE BRESACH Weimar, c'est-à-dire Erlach à Kaooffsky à Fribourg.
Officiers et soldats acceptèrent le qu'il leur assurait la solde dont i les iaissaieut en fait sur les bords se trouvaient leurs familles, et a rien à leurs habitudes. Quelques cependant, excités par le résident s kel, s'en montrèrent mécontents.
Un officier publia même une sati traité. On pense, il est vrai, que !
vait bien appartenir à l'armée im| qu'il en soit, aucun officier, aucu quittèrent alors le service de la Fn mée ■weimarieune demeura au se comme du temps de Bernard.
Le jour même de la signature du briant donna un grand banquet s qui se trouvaient à Brisach et, le directeurs et colonels se rendiren auprès du duc de Longueville qu' rent pour leur nouveau général.
Erlach, le principal négociateur côté des Weimariens, a été accusé
J.-L. d'Erlach,
ses compagnons d'armes. Ignorant le traité secret annexé au traité public de Saint-Germain, Oxenstierna, Mockel et les frères de Bernard crurent que c'était Erlach qui, par le traité de Brisach du 9 octobre i639, avait mis cette armée à l'entière disposition du roi, tandis que c'était Bernard lui-même qui l'avait fait par le traité de Saint-Germain du 27 octobre i635. Les traités conclus par Bernard se trouvaient à Brisach enfermés dans une boîte en tôle ^ Les directeurs y découvrirent le traité secret, et ce fut cette découverte qui les décida à signer le traité de Brisach, traité qui ne changeait rien au fond à celui de Saint-Germain.
Erlach fit ce qu'avait fait Bernard, et il était impossible de faire autrement, parce que l.'armée ne pouvait pas vivre sans la France *.
*■ Voir la liste de ces traités dans Gonzenbagh, I, 436.
^ Le traité de Brisach ne fut attaqué par aucun des membres de r Union de Heilbronn< L'accusation de trahison, portée contre Erlach, a été répétée par plusieurs historiens qui ne semblent pas avoir recouru aux sources : Ranke, Schiller, Rose, Barthold, Menzel, Molitor (Gtonzenbagh, I, 530, 532).
Bernard n^a pas été plus heureux. qu*Ërlach. Un bibliothécaire de Cassai, Kuchelbecker,ra accusé d*avoir tué Gustave^ Adolphe à Liilzen (Gonz., I, 66^),