‹ Jean LoupChapitre 131 sur 153 · REUNIS · texte numérisé non relu

REUNIS

Dans la voiture qui les emportait vers le boulevard de Magenta, Suzanne et Jean de Ghamarande étaient tout à Tespoir et à la joie. Les cnevaux n^ allaient pas assez vite et ils comptaient les minutes qui les séparaient encore, Suzanne de son amie, Jean de sa bien-aimée Henriette.

Enfin la voiture s'arrêta.

Les deux jeunes gens sautèrent à terre avec un empressement qui témoignait de leur impatience, et ils entrèrent dans le bureau du modeste hôtel des Vosges, où ils se trouvèrent en face d'une petite femme rondelette, ayant cette mine réjouie des hôteliers parisiens qui voient arriver des voyageurs.

La femme crut avoir affaire à deux amoureux en quête d'un nid et elle répondit à leur salut avec un gracieux sourire sur les lèvres.

— Madame, lui dit Suzanne, c'est ici que loge M. Louis Mouot ; veuillez avoir Tobligeance de nous indiquer sa chambre.

— M. Monot est sorti depuis plus d'une heure, répondit la femme, et, par mégarde, sans doute, il a emporté la clef de la chambre, car j^ ne la vois pas pendue à son clou.

Évidemment, nul ne savait dans l'hôtel que le voyageur lorrain était rentré tard dans la nuit avec une jeune fille.

— Cette clef, répliqua M'^^ de Violaine, la voici. La dame ne put cacher sa surprise.

— Veuillez donc, madame, nous indiquer la chambre.

— Je vais vous y accompagner.

— Non, non, dit vivement Suzanne, je vous prie, au contraire, de ne pas vous déranger.

La femme regarda W^^ de Violaine sournoisement.

— Pardon, mademoiselle, balbutia-t-elle, car le grand air de la

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jeune fiiie lui imposait le respect, mais nous sommes responsables... je ne peux pas me permettre...

— Vous ne nous prenez pas, je suppose, monsieur et moi, pour des malfaiteurs, répliqua Suzanne en souriant.

— Certainement non, mademoiselle ; vous seriez plutôt deux amoureux, dit la femme avec un petit clignement d'yeux, dont les jeunes gens ne pouvaient comprendre la signification.

— Madame, répondit Suzanne avec dignité, nous ne sommes pas plus deux amoureux, comme vous le pensez, que deux malfaiteurs; vous pouvez donc, sans aucune crainte, nous laisser monter dans la chambre de M. Louis Monot.

— Mon Dieu, mademoiselle, c'est que...

— Eh bien?

— Je ne puis prendre sur moi...

— Mais parlez donc franchement, madame, expliquez-nous V{'S scrupules.

— Eh Lien, voilà, je ne suis pas la maîtresse de riiôtel.

— Pourquoi ne Tavoir pas dit tout de suite ? Où est-elle la maîtresse derhôtel?

— Absente en ce moment. '

— Pas pour longtemps ?

— Je pense qu'elle ne tardera pas à rentrer; il y a plus d'une heure déjà qu'elle est sortie.

— Vous avez Pair de la remplacer.

— Oui, mademoiselle, pour garder son bureau et répondre aux personnes qui viennent; je suis son amie et sa voisine et elle me fait signe chaque fois qu elle a une course à faire.

— Enfin, vous tenez sa place ; vous pourriez donc, du moment que nous en avons la clef, nous autoriser à monter dans la chambre de M. Monot.

La femme secoua la tête.

— Je ne peux pas faire cela, dit-elle; mon amie a confiance en moi, et c'est pour cette raison encore que je ne puis prendre un droit qui ne m'appartient point.

— Ainsi, dit Suzanne vivement contrariée, vous nous condamnez à attendre?

— Je le regrette, mademoiselle et monsieur, mais il le faut. Suzanne comprit qu'elle ne parviendrait pas à faire entendre raison

à cçtte femme que, d'ailleurs, elle ne pouvait bL.^er de sa trop grande discrétion.

— Que faire? Il fallait bien se résigner. Elle consulta Jean du regard.

— Attendons, dit-il.

Et il laissa échapper un soupir.

L'attente fut d'une longue demi-heure, pendant laquelle le jeune homme et la jeune fille passèrent par tous les degrés de Timpatience.

Enfin la maîtresse de l'hôtel arriva.

M'^° de Violaine lui présenta sa requête. Elle parut d'abord assez mal disposée. La clef de la chambre entre les mains de cette jeune fille, cela ne lui semblait pas clair du tout. Elle exigea une explication.

— Puisqu'il faut tout vous dire, madame, répondit Suzanne, il y a, enfermée dans la chambre de M. Louis Monot, une jeune fille à laquelle il a donné asile la nuit dernière.

Cette jeune fille est mon amie et la proche parente de M. le comte de Ghamarande, qui m'a accompagnée, et nous venons la chercher.

— Ah! mais, les bras m'en tombent, fit la dame; excusez-moi, mademoiselle, monsieur le comte... ne trouvez pas mauvais... si j'avais su... mais je ne pouvais pas deviner cela. Je regrette, oh! oui, je regrette que vous ayez attendu. Mon amie aurait pu se permettre... Enfin, il ne faut pas nous en vouloir. La chambre est au deuxième étage, la troisième porte dans le couloir.

Suzanne et Jean montèrent rapidement l'escalier et s'arrêtèrent devant la porte indiquée, qui portait le numéro 10.

Ils écoutèrent.

Un silence profond régnait dans la chambre.

Suzanne mit avec précaution la clef dans la serrure, ouvrit la porte doucement et se glissa dans la chambre en marchant sur la pointe des pieds.

Il avait été décidé, en venant, que Suzanne entrerait d abord.

Jean resta dans le couloir, ne devant se montrer que lorsque Suzanne, jugeant le moment opportun, l'appellerait.

Henriette reposait encore, mais sa respiration était pénible ; la pauvre enfant devait être tourmentée par quelque sombre vision.

Il fallait que ses forces eussent été complètement anéanties pour s'être endormie de ce lourd sommeil dont n'avait pu la tirer ni le bruit des voitures sur la chaussée, ni le va-et-vieut des voyageurs aans rhôtel.

— Gomme elle est changée! se disait Suzanne, en contemplant le pâle et doux visage de son amie. Elle toujouis si gaie autrefois, toutes les douleurs sont peintes sur ses traits...

Oh ! ma pauvre Henriette ! soupira-t-elle, comme tu as dû souffrir!... et quels dédommagements te sont dus!

Elle s'agenouilla près de la dormeuse et lui mit un baiser sur le front.

Henriette fit un mouvement, mais n'ouvrit pas les yeux. Suzanne l'entendit prononcer ces deux mots :

« Maman! Jean! »

— Allons, pensa M"® de Violaine, souriant en dépit des larmes qui perlaient au bord de ses paupières, je vois que si le corps est brisé le cœur reste plein de vie.

Et elle appela doucement •

— Henriette! Henriette!

Cette fois, réveillée par la voix de son amie, la jeune fille ouvrit les yeux.

Elle reconnut Suzanne, qui écait penchée sur elle, comme autrefois Ba mère sur son petit lit d'enfant.

— Suzanne, Suzanne, c'est toi! s'écria-t-elle en lui jetant les bras autour du cou. Oii sommes-nous donc, ici?... Ah! ah! je me souviens ! . . .

Elle se mit à pleurer.

— Henriette, mon amie, ma sœur, dit Suzanne, ne pleure pas, calme-toi... Je suis près de toi pour te rassurer, te consoler.

Et avec son mouchoir elle essuyait les larmes à mesure qu'elles coulaient.

Dans le couloir, Toreille contre la porte, Jean écoutait, les mains ^ppuyées sar son cœur, qui battait à se rompre.

— Ah ! Suzanne, Suzanne, si tu savais ! dit Henriette avec un accent désolé.

— Mais je sais, ma chérie, je sais.

— Oh! c'est horrible!... Quand tu m'as réveillée, Suzanne, je rêvais que j'étais morte!

— Henriette, je t'en supplie, éloigne de toi toutes les sombres pensées. Les mauvais jours sont finis, les beaux jours vont revenir... Ne pense plus à la mort... Henriette, tu vivras pour être heureuse, pour être aimée! •

— Le bonheur n'est plus pour moi! Je suis d'une race maudite, Suzanne ; la colère du ciel est sur ta pauvre amie. . . Ta présence ici me dit que le père Monot m'a trahie; t'a-t-il fait connaître la résolution que j'ai prise?

— Oui.

Tu reviens à ton idée d'autrefois; tu veux encore l'enfermer dans un cloître

— Je veux fuir, Suzanne, je veux disparaître, je veux me cacher n'importe où, puisque je ne peux pas mourir I

— Tu ne feras pas cela, Henriette, tu ne le feras pas ! Mais, malheureuse, tu veux donc tuer ta mère ! Est-ce que tu trouves qu'elle n'a pas assez souffert, dis?

Henriette fut prise d'un tremblement couvulsif.

— Ma mère, ma mère! murmura-t-elle.

Elle reprit :

— Suzanne, est-ce qu'elle sait. que je suis ici?

— Non, ou du moins pas encore; elle sait seulement que tu t'es enfuie de Thôtel de Simaise et qu'on t'a inutilement cherchée toute la nuj^..

— Qui m'a cherchée?

— M. le marquis de Chamarande et son fils, et M. Pedro Castora.

— Ah! ce sont eux... Où donc m'ont-ils cherchée?

— Sur les bords de la Seine, sachant que tu avais eu la fatale pensée de te noyer.

— C'est vrai, je voulais mourir!

— Tu devines, Henriette, les mortelles inquiétudes de ta pauvrf mère.

— Hélas!

— Mais elle va te revoir... Alors, ce sera la joie, le bonheur!

— La joie, le bonheur, répéta Henriette d'un ton douloureux: mais, Suzanne, tu ignores donc ce qui s'est passé à l'hôtel de Simaise?

— Je sais tout, Henriette.

— Et tu parles de bonheur!

— Oui, malgré ce deuil. Ton père s'est suicidé, c'est ce qu'il devait faire.

— Mon père ! exclama Henriette.

— Oui, il s'est empoisonné; écrasé sous le poids de ses crimes, il ne pouvait plus vivre. Le baron de Simaise était ton père, Henriette; mais pense à ce qu'il a été et vois s'il mérite les regrets de ceux qu'il a t'ait souffrir et les tiens.

— Ah! tu ne sais pas tout, Suzanne, mon frère, mon pauvre frère î s'écria Henriette en sanglotant.

— Ton frère? Mais il n'est pas mort^ lui!

— Que dis-tu?

— Écoute t Raoul avait pris la résolution de se brûler la cervelle:.

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le pistolet chargé était sur la table de sa chambre; mais Landry, le fidèle serviteur du marquis de Ghamaraude, devenu, par ordre de son maître, le valet de chambre du baron de Simaise, sous le nom de Frédéric, Landry veillait sur ton frère. Profitant du moment où Raoul était près de toi, il a retiré du pistolet les balles et la poudre.

— Suzanne, j'ai vu mon frère étendu sur son lit, sans mouvement, raide.

— Oui, endormi par un narcotique que lui avait fait boire le baron de Simaise.

-r- Et tout cela est vrai, Suzanne, tu ne me trompes pas ?

— Pourquoi te tromperais-je, dis?

Henriette joignit ses mains et tourna ses yeux vers le ciel avec une reconnaissance infinie.

— Henriette, reprit Suzanne, tu ne dois donc plus désespérer. Ton frère voulait mourir, mais on lui a fait comprendre qu'il devait vivre; toi, tu veux te faire religieuse, mais tu comprendras aussi que ce n'est point là ton devoir. Les innocents ne doivent pas porter la peine du coupable... Voilà, ma chérie, comment parle ton oncle, M. le marquis de Ghamarande.

Allons, chère Henriette, rouvre ton cœur à l'espérance... pense à ton excellente mère, à Raoul et à l'autre, à celui que tu as aimé quand il était pauvre et misérable et qu'on appelait Jean Loup.

— Ah ! Suzanne, par pitié, tais-toi, tais-toi!

— Pourquoi me taire? Ne sais-je pas que tu aimes ton cousin?

— Oui, je l'aime, je l'aime !

— Eh bien?

— Mais comprends donc que c'est pour cela que je veux fuir, me cacher !

— G'est de la folie !

— Non, Suzanne, c'est de la raison. Autrefois, j'avais honte de mon amour pour Jean Loup; aujourd'hui, cet amour m'épouvante!... Ah! laimer, lui, une des malheureuses victimes de mon père!... Ah! tu dis que les innocents ne portent pas la peine du coupable !' G'est faux ! c'est faux ! Le châtiment de Dieu tombe sur moi !

Jean n'attendit point que Suzanne l'appelât ; il ouvrit brusquement la porte et fit irruption dans la chambre. Henriette jeta un cri.

Le jeune homme était à ses genoux.

— Henriette, ma bien-aimée, dit-il d'une voix vibrante, Dieu garde ses clidtiments pour ceux qui les ont mérités. Est-ce que vous ne voulez

— J'ai froid... et... je brûle! répondit-il (page 1264).

plus vous souvenir de ce que vous avez fait pour moi, de ce que vous doivent le marquis de Ghamarande et son fils? Henriette, si je ne sais plus le sauvage Jean Loup, à qui le dois-je? A vous, Henriette, qui m'aimiez assez pour accomplir un sublime sacrifice, à vous que j'aimais et a qm

j'ai su obéir... , . j .'

Vos doux regards, vos sourires, vos douces paroles ont dompte ma Dature sauvage; vous m'avez tiré du néant où j'étais plongé; vous m'avez

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fait voir, penser, sentir, comprendre, aimer!... Ah! oui, je vous aimais déj<à alors... Après avoir fait battre mon cœur, Henriette, vous avez ouvert mon âme, vous m'avez donné Fintelligence, vous avez éclairé mon esprit et ma pensée!... Mais je vous dois tout, Henriette, je vous dois tout!...

Que parlez-vous de châtiment quand vous êtes bénie du ciel !

J'ai été une victime de votre père, c'est vrai ; mais vous avez détruit Tœuvre du mal, Henriette. Ah ! vous les avez bien rachetés, les crimes du baron de Simaise ! Mais nous ne devons plus parler de cela ; l'oubli complet du passé, voilà ce que nous voulons, mon père, ma mère et moi.

— Votre mère! exclama'la jeune fille.

— Oui, Henriette, ma mère, cette autre victime, qui a été rendue à son mari, comme Jean Loup a été rendu à son père. Vous la verrez, Henriette, bientôt... Ma mère est bonne comme la vôtre. Elle ne vous connaît pas encore, et, pourtant, déjà ede vous aime... elle vous aime parce que je vous aime, moi, et qu'elle sait ce que vous avez fait pour son fils !

Henriette, chère Henriette, je puis enfin vous dire que je vous aime, que mon cœur vous appartient, que vous êtes l'âme de ma vie, cela m'est permis...

La jeune fille écoutait toute frémissante ces paroles pleines d'enthousiasme et de passion ; il lui semblait entendre quelque chose de céleste ! Ah! c'est que le langage de l'amour vrai a des harmonies délicieuses qui font tressaillir le cœur et ravissent l'âme.

Suzanne contemplait en souriant le charmant tableau qu'elle avait sous les yeux.

Jean continua :

— Je vous aime! je vous aime! Oh ! comme ils sont doux à prononcer, ces mots : Je vous aime!... J'ai bien souffert, allez, depuis notre séparation ; j'ai pleuré souvent... Mais mon père m'avait dit : « Il le faut ! » J'ai dû me résigner. Mais je vous retrouve, et nous voilà réunis pour toujours. Plus rien ne nous sépare, tous les obstacles sont brisés! Notre ciel se fait radieux, plus d'ombre dans l'avenir, maintenant ensoleillé; le bonheur nous sourit, car la vie heureuse est devant nous !

Je vous aime et vous m'aimez, Henriette; voilà le bonheur! Nous serons l'un à l'autre, vous serez ma femme adorée!...

— Votre femme !

— Oui, Henriette, mon épouse, ma femme; votre mère le désire et mon père le veut.

— Non, non, c'est impossible! Le passé est là; je suis la fille d'un misérable !

— Le passé, Henriette, le baron de Simaise emporte avec lui dans la tombe ! Je vous le répète, nous voulons que tout soit oublié. . . Écoutez : nous sommes allés, mon père et moi, à Thôtel de Simaise. Devant le cadavre de son frère, le marquis de Chamarande s'est découvert et a courbé la tête. Et en regardant tristement l'homme qui a fait tant de mal, qui a causé de si profondes douleurs, mon père a prononcé ces paroles :

« Que la terre te soit légère, je te pardonne ! »

Henriette, le pardon de mon père, c'est le pardon de Dieu !

La jeune fille laissa aller sa tête sur l'épaule de Suzanne, qui venait de s'asseoir à côté d'elle, et se prit à sangloter.

Jean s'était emparé de ses mains et les couvrait de baisers.

Soudain, un bruit de pas retentit dans l'escalier.

Suzanne tendit Toreille.

Les pas se rapprochèrent, résonnèrent dans le couloir, puis cessèrent de se faire entendre ; mais une voix dit :

— C'est là.

Presque aussitôt la porte fut ouverte et la marquise de Chamarande et Raoul entrèrent dans la chambre.

Ils n'eurent pas le temps de voir le groupe délicieux, car les deux jeunes filles et le jeune homme se levèrent aussitôt.

— Henriette, dit Lucy, votre frère et moi, la marquise de Chamarande, votre tante, nous venons vous chercher pour vous rendre à votre mère, qui vous attend.

La jeune fille regardait la mère de Jean avec un doux étonnnement.

— Henriette, mon enfant, continua la marquise, je connais votre dévouement, je sais combien vous avez été bonne pour mon fils... Bientôt je serai aussi votre mère. Je vous tends mes bras : venez, mon enfant, ma fille, venez, que je vous embrasse !

Henriette se jeta en pleurant dans les bras de la marquise.

Raoul était silencieux et grave; il songeait à son père, au passé maudit, et il se demandait comment il parviendrait à racheter ce passé monstrueux.

Il vit sa sœur tendre la main à Jean, et il se dit en soupirant :

— Serai-je jamais aimé, moi? Puis-je espérer qu'un jour une jeune fille me tendra ainsi la main ?

Henriette, aidée de Suzanne et de la marquise, qui voulut anssi y mettre la main, répara vite et aussi bien que possible le désordre de sa toilette.

Cela fait, la marquise prit le bras de la jeune fille et dit :

— Maintenant, partons.

— Elle ne pense plus à se faire religieuse, dit tout bas Suzanne à l'oreille de Jean de Ghamarande.

Une demi-heure plus tard, Henriette était dans les bras de sa mère.

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