‹ Jean LoupChapitre 79 sur 153 · BELLE MATINÉE · texte numérisé non relu

BELLE MATINÉE

Le docteur Legendre avait quitté Mareille, laissant la joie, le bonheur, dans la maison de l'ancien capitaine de dragons.

Comme l'avait prévu l'excellent docteur, l'épreuve à laquelle Jeanne venait d'être soumise avait été décisive. Maintenant, — M. Legendre

JEAN LOUP. ITJ

l'avait déclaré, — le père de la jeune fille, son fiancé, ses amis, tous ceux qui s'intéressaient à elle et l'aimaient, n'avaient plus rien à redouter.

Jeanne ignorait ce qui s'était passé à Mareille pendant les longs mois de sa maladie, de même que les graves événements accomplis en France; mais on lui avait promis un récit qui devait avoir pour elle le plus grand intérêt.

Oh ! comme elle était impatiente de savoir !

Huit heures du matin venaient de sonner. Jeanne achevait de s'habiller; elle allait descendre. Son père et son fiancé l'attendaient dans la salle à manger. Gertrude était prête à verser le chocolat fumant dans les vases de porcelaine d'une blancheur éclatante.

Le vieux capitaine et le jeune officier ménageaient une surprise à leur chère Jeanne-

Jacques Grandin avait remplacé l'uniforme de dragon, qu'il avait constamment porté les jours précédents, par son brillant uniforme de lieutenant de hussards. La croix des braves, cette croix qu'il avait si bien gagnée sur les champs de bataille, brillait sur sa poitrine.

Enfin Jeanne parut. Elle fit quelques pas en avant vers le vieillard pour lui présenter son front, puis s'arrêta brusquement, interdite, ses grands yeux étonnés fixés sur le hussard.

— Eh bien ! chère mignonne, dit en souriant le vieux capitaine, est-ce que tu ne le reconnais pas ?

— Mais... mais..., balbutia la jeune fille.

— Chère Jeanne, dit le jeune officier d'une voix émue, aujourd'hui, sous l'habit de hussard, comme hier sous celui de dragon, comme autrefois sous la blouse de paysan, je reste le même; mon cœur n'a point changé; il vous appartient pour toujours, ma bien-aimée Jeanne, et il ne bat que pour vous.

— Oh ! JacqueSy Jacques ! fit-elle toute frémissante.

— C'est moi, Jeanne, reprit le vieillard, c'est moi qui ai voulu que Jacques reprît aujourd'hui son uniforme de hussard; n'est-ce pas pour toi une surprise?

— Une grande surprise, mon père.

— Et agréable, n'est-ce pas ? Ah ! Jacques a fait son devoir ; il s'est bien conduit... Te rappelles-tu, Jeanne, ce que nous disions autrefois en parlant de Jacques, chaque fois que nous recevions une lettre de lui? Jacques fera son chemin, te disais-je; il est capable de revenir à Mareille avec le grade d'officier. Et toi, Jeanne, tu ajoutais en riant, un peu moqueuse • Et avec la croix d'honneur 1

— Oui, mon père, je me souviens.

— Alors, Jeanne, nous ne pensions point que nous aurions la guerre. Elle est venue ; les malheurs se sont accumulés sur la France. Jacques a été du nombre des braves qui ont combattu jusqu'à la fm pour la défense du territoire et Thonneur de la patrie. Sachant qu'il n'avait fait que son devoir de soldat, il ne demandait aucune récompense ; mais sa bravoure appela l'attention sur lui. On le nomma sous-lieutenant de hussards, puis lieutenant, et sur sa noble poitrine on attacha cette croix sur laquelle est écrit : Honneur et Patrie ; cette croix de& braves qui dit à tous : Jacques Grandin s'est bien conduit devant l'ennemi.

— Cette croix, Jeanne, dit Jacques Grandin, c'est à vous que je l'apportais quand, la guerre finie, je suis revenu à Mareille. Ah ! Jeanne, ma chère Jeanne, si j'ai mérité cette récompense, c'est grâce à vous, à votre doux souvenir, qui m'a toujours accompagné sur tous les champs de bataille.

C'est en pensant à vous, au milieu du danger, que s'exaltait mon patriotisme. Il me semblait entendre votre voix chérie me crier sans cesse : « 0 Jacques, fais ton devoir, sois fort, défends ton pays ! » C'est ainsi, Jeanne, que vous me mettiez le courage au cœur. Je me sentais fort, invincible, incapable de trembler. Les rangs s'éclaircissaient, mes camarades tombaient autour de moi, je restais debout!... Vous étiez avec moi, Jeanne, vous me protégiez !

Les yeux de la jeune fille rayonnaient.

— Oh! mon ami, mon ami, prononça-t-elle avec une touchante expression de tendresse et d'admiration.

Et elle tendit sa main au jeune homme.

Gertrude entra dans la salle, apportant le déjeuner.

— Et mon baiser, cher père? dit Jeanne en tendant son front à Jacques Vaillant.

Le vieillard prit dans ses mains la tête de sa fille et lui mit plusieurs baisers sur le front.

On se mit à table.

On aurait dit que Jeanne ne pouvait plus détacher ses yeux de son fiancé. Que de tendres choses, que d'amour dans son long regard caressant. Son front s'irradiait d'un noble orgueil; elle était fière de son amour, fière de l'homme qui le lui avait inspiré.

A quelque classe qu'elle appartienne, la femme se sent heureuse de la supériorité de celui qu^elle aime sur les autres hommes ; elle est enthousiaste de l'héroïsme.

Jacques Vaillant souriait.

Dans Texpression de la physionomie de la jeune fille, il devinait ses pensées.

— Il fait an temps superbe, dit-il en se levant, et nous aurions tort de ne pas jouir de cette belle matinée d'été. Jacques, continaa-t-il, ofifre ton bras à Jeanne, et allons faire ensemble le tour du jardin.

Pendant tout le temps qu'on avait cru Jeanne morte, Jacques Vaillant avait à peu près abandonné l'enclos. La cisaille ne touchait plus aux haies ; les arbustes, n'étant plus soumis à la taille, croissaient en désordre, jetant de tous côtés, à tort ou à travers, leurs pousses vigoureuses. Ce carré de terre, si charmant autrefois, prenait peu à peu l'aspect sauvage d'une broussaille.

Les fleurs vivaces, les rosiers étaient morts, étouffés sous les ronces et les hautes herbes ; le liseron, l'ortie, le faux fraisier, la pâquerette des prés, la primevère des bois ou coucou, le mouron rouge et le mouron blanc avaient pris, dans les corbeilles, la place oii s'épanouissaient les géraniums, les bégonias, les héliotropes, les verveines, etc. ; une infinité de plantes herbacées, semées par le vent, envahissaient les allées.

Mais, à son retour de Paris, ayant appris que Jeanne vivait, et que, bientôt, elle lui serait rendue, Jacques Vaillant livra le jardin aux terrassiers d'abord et ensuite à un jardinier qu'il fit venir d'Épinal. En moins de quinze jours tout fut remis en état. Les charmilles, les arbustes, les quenouilles, les fuseaux, les arbres étaient taillés ; les plates-bandes se trouvèrent couvertes de fleurs comme par enchantement ; les plantes de serre remplissaient les corbeilles ; un sable fin égayait les allées ; enfin, le jardin tout entier avait repris son joli aspect des jours heureux.

Après s'être enfuis de l'enclos désert, les papillons étaient revenus avec les fleurs et le joyeux bourdonnement des abeilles.

Pour Jeanne, rien de changé. Elle retrouvait toutes ses fleurs préférées, ses chères corbeilles avec leurs bordures de lobélias bleus et ses roses, ses belles roses : la Gloire de Dijon, le Souvenir de la Malmaison, Louise Odier, la baronne Prévost, Céline Forestier, Blanche Laffitte, la Reine des Massifs, la Belle du Printemps, Charles Margotin, la France, Général Jaqueminot, Henriette d'Angleterre, Paul Neyron, la Ville de Saint-Denis, le Triomphe de Caen, la Reine de Bourbon, la Coquette des Blanches, etc. Elle revoyait, allant capricieusement d'une fleur à une autre;, ses papillons aux couleurs merveilleuses, ses scarabées émeraude, topaze et rubis ; les mêmes bruits d'ailes, les mêmes bourdonnements d'insectes arrivaient à ses oreilles ; c'étaient, dans les massifs toufl'us, les mêmes chants d'oiseaux.

782 LE PIlOTECTEUil.

S'appuyant sur le bras de son cher Jacques, heureuse, ravie, elle regardait tout avec une sorte d'ivresse.

— Jacques, dit tout à coup la jeune fille, vous souvenez-vous? C'était par une belle matinée comme celle-ci, la veille de votre départ de Mareille, que vous êtes venu me trouver sous le berceau où j'étais assise.

— En l'absence de mon parrain, qui était allé, accompagné de Fidèle, faire sa promenade matinale au bord de la rivière. Ah ! oui, Jeanne, je me souviens. Je ne Toublierai jamais cette belle matinée de juin. J'étais triste, désolé; j'allais partir, m' éloigner de vous... J'avais le cœur serré, la poitrine gonflée, pleine de soupirs que j'étouffais ; que de choses aussi dans ma pensée ! J'avais sur les lèvres des paroles que je n'osais pas prononcer. Mais vous aviez deviné mon secret, Jeanne; vous saviez qae, pour changer ma tristesse en joie, pour me consoler, il ne me fallait qu'une chose avant de partir : l'espérance. Et votre parole l'a mise en moi. Votre douce voix, accompagnée d'un adorable sourire, m'a subitement ouvert le ciel.

Oh ! apprendre que l'on est aimé, quand on n'ose croire à son bonheur, c'est un ravissement indicible auquel aucun autre n'est comparable. Ah ! Jeanne, ma bien-aimée Jeanne, il est de ces instants suprêmes dans la vie dont le souvenir ne peut s'effacer jamais î

— Jacques, on était, comme aujourd'hui, en pleine fenaison.

— Oui, Jeanne, et, comme en ce moment, les femmes et les jeunes filles répandaient les andains derrière les faucheurs ; nous entendions également le grincement des pierres sur le tranchant des faux, et les larges lames polies étincelaient au soleil de tous côtés ; les senteurs pénétrantes de l'herbe coupée et à moitié fanée arrivaient comme maintenant jusqu'à nous.

La jeune fille resta un instant la tête inclinée, comme songeuse.

Puis, se redressant brusquement, ses yeux se portèrent sur le long et large rideau de verdure sombre de la forêt et sur la Bosse-G-rise, sillonnée à son sommet de reflets lumineux.

— Oui, prononça-t-elle tout bas-, et comme se parlant à elle-même, rien n'est changé...; et pourtant, depuis, que de choses se sont passées!...

.Elle resta encore un instant silencieuse, puis elle reprit, s'adressant en même temps à son père et à son fiancé :

— N'est-ce pas aujourd'hui que vous devez me raconter toutes ces choses que je suis impatiente de connaître? demanda-t-elle.

Les deux hommes s' interio gèrent du regard.

— Jeanne peut écouter aujourd'hui sans fatigue, dit le lieutenant;

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nous n'avons plus aucune raison de refuser de satisfaire sa légitime curiosité.

— Soit, répondit Jacques Vaillant.

Ils se trouvaient en face du berceau. Ils y entrèrent, et tous trois s'assirent sur le banc.

Voyant Jeanne disposée à entendre, ce fut le vieillard qui prit le premier la parole.

Il raconta d'abord ce qui s'était passé dans la chambre de Jeanne au milieu de la terrible nuit d'orage, passant à dessein sur certains détails, mais appuyant sur ce point que le malfaiteur inconnu s'était introduit dans la maison pour commettre un vol.

Sorti, non sans peine, de cette série de scènes terribles difficiles à raconter, le vieillard poursuivit allègrement son récit, traçant le tableau des faits et des événements successifs jusqu'au jour où il avait été emmené prisonnier par les Prussiens.

Jeanne l'avait écouté avec la plus grande attention, retenant souvent sa respiration, comme si elle avait eu peur de perdre une seule de ses paroles. Deux fois seulement elle l'avait interrompu, et chaque fois par ces mots :

— Pauvre Jean Loup î

— Maintenant, mon cher Jacques, dit le vieillard, je n'ai plus rien à raconter; je te cède la parole, et avec votre permission, mes enfants, je vais aller faire un petit tour de promenade; car, à la façon dont Fidèle me regarde, je comprends qu'il me dit :

« — Est-ce que nous ne sortirons pas, ce matin ?

Allons donc courir un peu dans la prairie. »

Voyant le vieillard se lever. Fidèle, la queue frétillante, manifesta sa satisfaction par de joyeux ouah! ouah! ouah! des cabrioles et des bonds à l'infini.

— Eh bien ! oui, lui dit son maître, nous allons faire notre promenade du matin.

— Ouah! ouah! ouah!

Jacques Vaillant adressa un signe d'adieu aux fiancés et s'éloigna, précédé de Fidèle, se livrant à toutes sortes de gambades au milieu de l'allée.

— Oh ! Jacques, mon cher Jacques, dit Jeanne en se serrant contre le jeune homme qui lui avait pris la main, comment de pareilles choses peuvent-elles arriver ?

— La vie est faite ainsi, chère Jeanne ! Le bonheur est une chose qu'il faut payer bien cher, souvent.

— Ainsi, Jacques, vous, mon père, tout le monde enfin me croyait morte ?

— Tout le monde. Votre lettre ne laissait aucun doute. Jean Loup seul aurait pu dire que vous ne vous étiez pas noyée, mais Jean Loup ne parlait pas. Pendant près d'un an j'ignorai tout. Si votre mort m'eût été annoncée, oh ! ma Jeanne adorée, je vous le dis, je me serais fait tuer!

Elle enveloppa le jeune officier d'un regard plein d'une ineffable tendresse.

— C'est seulement à mon retour à Mareille, continua Jacques, que j'ai appris ce qui s'est passé de la bouche de votre père, qui m'a fait, en pleurant, le récit qu'il vient de vous faire presque gaiement.

— Pauvre père ! Gomme il a dû souffrir ! Maintenant, Jacques, c'est votre récit que je désire entendre. Ah! je suis impatiente de savoir... Mais, dites, mon ami, dites ; je vais vous écouter avec toute mon attention.

— Vous avez remarqué, Jeanne, que votre père a évité d'anticiper sur les événements; il s'est borné avons raconter ce qui s'est. passé à Mareille, et seulement des choses connues de lui, avant ses mois de captivité.

Pour que vous compreniez bien, Jeanne, je vais être forcé de vous parler un peu de moi.

— Beaucoup, Jacques, parlez-moi de vous beaucoup, longuement. Ah ! vous savez bien que j'apprendrai avec une douce joie comment vous êtes devenu officier ; par suite de quelle action d'éclat cette croix vous a été donnée. Jacques, Jacques, je veux vous le dire, mon ami, je suis fière de vous !

Sa tête s'appuya doucement sur l'épaule du jeune homme.

Celui-ci commença son récit.

Il passa rapidement sur les faits qui lui étaient personnels et arriva vite à sa rencontre avec M. Lagarde.

Alors il raconta à Jeanne comment Jean Loup Pavait sauvée avec Paide de M. Lagarde ; comment celui-ci Pavait emmenée à Paris, puis conduite à Chatou et enfin confiée aux soins du docteur Legendre.

Jacques poursuivit en racontant son retour à Mareille, son désespoir, son dégoût de la vie ; comment il avait livré Jean Loup aux gendarmes, qui faisaient le siège de la Bosse-Grise. Il parla ensuite de la visite que lui avait faite M"* Henriette de Simaise, de sa surprise, de son émotion en apprenant que le pauvi'e Jean Loup, accusé par Jeanne, était innocent.

Plu. loin, dans la prairie, de sa voix fraiche. une je.ne paysanne chaQtait (page 7ST).

n raconta l'arrivée à Mareille de M. Lagarde, leur visite à la grotte de Jean Loup ; il parla de l'intérêt extraordinaire que le pauvre sauvage avait subitement inspiré à M. Lagarde, et dit comment le protecteur de Jeanne et le sien avait voulu être aussi celui de Jean Loup.

Grâce à ses relations avec les hommes au pouvoir, M. Lagarde avait obtenu l'élargissement du prisonnier , puis lui avait donné des maîtres qui menaient à bien l'œuvre de son instruction.

Liy.99. E. RicHEBOUM. - Jean Loup. - ÉD. J. Rou« »T G'«. ÙV. 94.

Seulement on ne savait point oii M. Lagarde avait conduit Jean Loup à sa sortie de prison.

Le jeune homme s'interrompit un instant, puis continua :

— Gomme vous le voyez, Jeanne, cet homme généreux et bon, à qui nous devons notre bonheur, joue vraiment ici-bas le rôle de Providence. M. Lagarde est l'homme bienfaisant par excellence ; que de bien il doit faire partout oii il passe! Il est immensément riche; mais quel noble emploi il fait de sa fortune !

Il m'avait vu à Orléans très inquiet, parce que, depuis de longs mois, je n'avais reçu aucune nouvelle de Mareille ; il fut ici le témoin de la douleur de votre père et de la mienne ; cependant il garda le silence. Il ne nous dit point que celle que nous pleurions n'était pas morte. Ce n'était pas une demi-consolation, mais le bonheur complet qu'il voulait nous donner. Il attendait que le moment de parler fût venu.

Juge^ de notre surprise, de notre joie indicible, chère Jeanne, quand, nous ayant appelés à Paris, votre père et moi, il nous apprit en même temps que vous viviez et que le savant médecin à qui il vous avait confiée, ayant enfin l'espoir de vous guérir, vous alliez bientôt nous être rendue.

Et cela s'est réalise : vous nous êtes rendue, ma Jeanne adorée ! La douleur a fait place à la joie la plus pure, au bonheur le plus parfait qui puisse être donné à l'homme. Ah ! Jeanne, Jeanne, quand on est si heureux on ne se souvient plus que l'on a souffert. Derrière votre père et moi, il y a trois années de larmes, mais je ne veux -pas les compter dans ma vie, ces trois années ; elles sont comme les heures d'un rêve affreux dont l'impression disparaît aussitôt après le réveil.

Maintenant, chère Jeanne, je n'ai plus à penser qu'à une seule chose : vous aimer!

La jeune fille pleurait silencieusement. Jacques sentit les larmes sur son cou.

— Jeanne, s'écria-t-il, vous pleurez ! Pourquoi ?

'La tête charmante de la jeune fille se redressa; et, le front radieux, le regard illuminé, elle répondit d'un voix vibrante d'émotion :

— Je ne sais pas, Jacques; mais ce sont des larmes de bonheur qui ■ s'échappent de mes yeux malgré moi. Ah ! je suis bien heureuse, Jacques,

oui, bien heureuse de me sentir aimée comme vous m'aimez !

Le, jeune homme l'entoura de seë bras et la serra contre son cœur avec transport.

Jeanne souriait et son amour brillait dans son regard à travers ses larmes.

— Oh ! comme je t'aime, comme je t'aime ! prononça Jacques d'une voix passionnée.

Et sur les lèvres de Jeanne, qui appelaient un baiser, Ja<"ques colla ses lèvres.

Plus loin, dans la prairie, de sa voix fraîche, au timbre mélodieux, une jeune paysanne chantait :

L'amour est le bien suprême, Aimez, aimez qui vous aime; Qu'un regard de vos beaux yeux A qui vous aime ouvre les cieux.

yiN DE LA QUATRIÈME PARTU^

CIT^QUIÈmE TqARTIE

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