‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 2)Chapitre 156 sur 257 · VI · texte numérisé non relu

VI

La Vendée, aussi bien que la Bretagne, était pauvre en écoles primaires. Témoin du bien qu^avaient fait dans le diocèse de Vannes les Petits Frères d'Auray, M. Deshayes ne désespéra pas d'obtenir les mêmes succès à Saint- Laurent et dans les paroisses voisines. « En quittant la

(1) Extrait de la lettre, c{ue nous avons citée plus haut, du frère André à M. Ilouet.

(2) D'après le manuscrit du frère Hippolyte; M. de la Mennais laissa, quelque temps encore, à Auray, un petit noviciat sous la direction du frère Ambroise.

Bretagne pour venir à Saint-Laurent, a-t-il dit, il me vint dans la pensée qu'une congrégation de ce genre (il venait de raconter la fondation d'Auray) pourrait également faire du bien dans la Vendée et les environs, où Ton professe les mêmes principes religieux. C'est pourquoi, avec quelques Frères de Bretagne que j'avais emmenés, j'en formai une autre sur le même modèle (1). »

En arrivant en Vendée , les Frères de Flnstruction chrétienne furent installés dans le môme local que les quatre Frères coadjuteurs de la Compagnie de Marie. Les nécessités de la cohabitation sous le même toit obligèrent M. Deshayes à modifier sur quelques points de détail la règle des Frères bretons; mais il n'y eut pas, entre les deux sociétés , de fusion proprement dite (2) .

Les disciples de M. Deshayes apportaient avec eux la règle des Frères de Bretagne. Ils la conservèrent (3), et, grâce à elle, l'œuvre commencée à Auray put se continuer, sous un nom à peine différent, à Saint- Laurent-sur-Sèvre.

Le logement assigné aux nouveaux venus était la maison dite « du Saint-Esprit » ; d'où leur premier nom de Frères de l'Instruction chrétienne du Saint-Esprit.

Comme en Bretagne, Tœuvre prospéra bientôt. M. Deshayes s'était installé définitivement à Saint-Laurent au mois de septembre 1821. Les prêtres des environs étaient alors réunis, pour la retraite ecclésiastique, dans la maison des missionnaires. Le nouveau supérieur en profita pour leur exposer le dessein qu'il avait de leur préparer des Frères instituteurs. Tous lui promirent leur concours, et, quelques années plus tard, la nouvelle congré-

(1) Lettre adressée par M. Deshayes, en 1837, à son agent d'affaires à Rome.

(2^ Il est vrai que quatre novices ou postulants de Bretagne s'affilièrent plus tard aux Frères convers de la Compagnie de Alarie; mais ce fait prouve simplement qu'ils changèrent de congrégation, et n'indique pas qu'il y ait eu fusion entre les deux sociétés.

(3) G^tte règle, dont les principaux urticles reproduisent textuellement celle des Frères de Ploërmel. est restée en vigueur chez les Frères de Saint-Laurent jusqu'en 1888. (Voir Institut des Frères de Vlnstruction chrétienne de Saint-Gabriel. Constitutions et règles communes. — Edition de 1874. « Préface du fondateur, le vénéré Père Deshayes », p. 5\

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