LA MALADIE
des élèves de l'abbé Jean consentirenl à rester dans la maison comme professeurs.
Le premier paraît avoir été l'abbé Bachelot(l), qui devint plus tard le saint prêtre et l'admirable curé que l'on sait. Le nom des autres ne nous a pas été conservé (2).
La présence de ces jeunes confrères soulageait surtout M. Engerran et M. Vietle. M. de la Mennais n'en restait pas moins chargé de tous les cours de théologie.
Au commencement de décembre 1805, on songea à lui procurer un peu de repos. « M. de la Mennais, écrivait alors le vicaire général, a besoin de ménagements pour sa poitrine, qui se trouve un peu affectée. Nous l'avons décharge de deux classes; il n'en fait plus qu'une (3). »
C'était encore trop pour une santé aussi ébranlée. Sur ces entrefaites, l'ainé des frères de l'abbé Jean, Louis- Marie, mourut en pleine jeunesse. M. de la Mennais aimait tendrement cet adolescent, qui promettait de continuer brillamment la carrière paternelle. Cette mort fut pour lui un coup des plus douloureux. Il chercha une diversion à ses regrets en se plongeant avec plus d'ardeur que jamais dans les travaux du saint ministère.
Mais il était à bout de forces. Après une mission prechée à Plouër avec un grand succès, le courageux apôtre dut se retirer. Il allait quitter à la fois ses deux champs de bataille, le collège et la cathédrale, oii ses armes s'étaient émoussées avant l'heure, pour aller dans la solitude renouveler sa vigueur en vue de nouvelles campagnes.
A la fin de décembre 1805, il partait pour la Chesnaie.
(1) Nous reviendrons sur la vie de ce saint homme.
(2) Nous parlons, bien entendu, des premiers ordinands qui restèrent comme professeurs, une fois leurs études achevées au collège.
(3) Lettre inédite. — Papiers de M. l'abbé Houet.