CHAPITRE III
LA CIIESiSAIE ET SAINT-SULPICE.
« La Chesnaie, a dit Maurice de Guérin, est une sorte d'oasis au milieu des steppes de la Bretagne. Devant le château s'étend un vaste jardin avec une terrasse plantée de tilleuls, et une toute petite chapelle au fond...
« Nous sommes entourés, cernés, pressés et comme étoufïes par les bois; les mouvements du terrain sont si légers, que c'est presque une plaine; en sorte qu'il est rare de trouver^un horizon un peu large, et, quand on le trouve, c'est l'immense uniformité que présente la surface des forêts; les arbres gris se perdent dans un ciel gris. A l'occident de la maison est un étang encaissé comme une rivière entre deux bois qui le dominent. . . On dit que c'est un enchantement pendant la belle saison, tant il y vient d'oiseaux, à cause de la fraîcheur et de l'ombre épaisse de ses rives. La maison est coiffée d'un toit aigu à mansardes ; elle est blanche comme à Rayssac (1); on l'aperçoit de même à travers les bois, et les grands arbres qui l'entourent doublent encore la ressemblance. La chapelle est située vis à vis de la maison au
(1) Rays.sac était la propriété de M. de Bayne, Fami auquel Maurice de Guérin adressait ces lignes.