‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 3)Chapitre 120 sur 270 · SERVICES RENDUS A DIVERSES CONGREGATIONS · texte numérisé non relu

SERVICES RENDUS A DIVERSES CONGREGATIONS

dit à la population le môme service. Pour lui permettre d'étendre encore son action, M. de la Mennais lui obtint l'autorisation de recevoir des donations et des legs. A Tréguier, nous l'avons vu, des religieuses du même ordre élevaient les petites filles indigentes, et les Filles de la Croix, favorisées également dans leurs intérêts par M. de la Mennais, prodiguaient leurs soins aux enfants de la bourgeoisie (1).

Partout, sous l'impulsion féconde du grand vicaire, séminaires, collèges et pensionnats religieux avaient surgi. Partout, la jeunesse des villes recevait une culture aussi intelligente que peu coûteuse. Seuls, les enfants pauvres des bourgades et ceux des campagnes restaient, en grand nombre, privés d'instruction. A la pensée de ces humbles que le Christ a bénis, et qui, faute de dévouement, demeuraient plongés dans l'ignorance brutale, il rêvait de susciter de nouvelles légions d'apôtres, dont la mission serait de réaliser à la lettre la parole du Sauveur: Pauperes evangelizantur.

En attendant, son zèle ne se bornait pas aux œuvres d'enseignement. Il prodigua ses encouragements et son appui aux religieuses hospitalières de Lannion, qui réclamaient un local mieux approprié au grand nombre de leurs malades. Il fit tous ses efforts pour retenir à Guingamp les Carmélites, qui, ayant vainement réclamé, pendant plusieurs années, leur ancienne communauté non vendue, se décidèrent enfin à rejoindre leurs sœurs, à Morlaix. Il voulut au moins les remplacer, dans la ville qu'elles abandonnaient, par une communauté vouée, comme la leur, à la pénitence et à la prière. Lorsque les Filles de la Croix de Tréguier achetèrent, à Guingamp, 1 ancienne maison de Montbareil pour y transporter leur communauté,

1 M. île la Mennais favorisa aussi le développement de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit, dont il devint supérieur ecclésiastique en 1813. C'est par ses suins qu'en 1811 furent imprimées, pour la première fois, 1rs Constitutions et Régies de l'Institut. C'est aussi vers cette époque que s"inlroduisit parmi les sœurs l'usage de porter au cou une petite colombe en argent, symbole du Saint-Esprit dont elles s'honorent d'être les Filles. Ce pieux ornement fut autorisé par M. de la Mennais.

il les obligea à garder rigoureusement la clôture, ce «I ii"*'l ï«'-^ ue faisaient pas avanl !;i Révolution.

Col homme q6 pour l'action semblail avoir une prédilection pour les ordres contemplatifs. Il se rappelait la grande parole de Bossuel : « Les peuples ue durenl qu'autanl <|u'il y a des élus à tirer de leurs multitudes. » Partout OÙ vivaient des sainls, surtout des sainls voués par étal à la pauvreté volontaire H à l'expiation, on le voyait accourir un jour où l'autre, avec son bon sourire el <a bourse bien garnie. <■ Nous devons faire vivre ceux qui souffrenl el prienl pour nous », telle étail sa maxime.

assurer aux jeune-, lilles de la région une éducation religieuse, c'était beaucoup; procurer à leurs maîtresses une direction éclairée, c'était mieux encore, car c'étail

alimenter le loyer d'où devaient jaillir force et lumière.

C'était le temps où les pratiques rigoristes sévissaient encore dans beaucoup decouvents, par la tante d'ecclésias tiques trop étrangers aux vraies doctrines romaine-.

M. de la Mennais voulut qu'un même esprit présidât à la direction de toutes les religieuses (\u diocèse; dans ce

but, il lit de M. Gilbert le prédicateur ordinaire des retraites de couvents. Ce u'était pas seulement un saint prêtre, c'était nu théologien formé à l'école de saint Liguori, dont, par suite, les principes concordaient admirablement avec ceux du grand vicaire. La paix et la liberté de- consciences gagnèrent beaucoup à ce choix.

Il est vrai, la mort priva bientôt M. de la Mennais de ce digne auxiliaire; mais il laissa son empreinte dans les âmes qu'il avait formées, et son œuvre lui sur vécul I .

Si aujourd'hui les couvents s'élèvent de toutes parts

en terre bretonne; si. depuis près dun siècle, les

religieuses qui les peuplent Tout bénir autour d'elles |,>

i M. Gilbert mourul en 1822, ;i Sainl Laurent-sur-Sèvre. \ ce sujet, I ibbi Jean de La Mennais écrivait a M. Langrez : « Les détails de la mort de M. Gilbert sont admirables. Il reçut le sainl viatique a genoux sur le plancher de sa chambre, quoique dès lors ses forces Fussent presque épuisées. » Cité par la comtesse de Trémaudan, Comment s'est fondée en Bretagne "/"■ institution de charité, p. î'. .

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