LES « RÉFLEXIONS » SUR L IMITATION DE JESLS-CII RIST
C'est des années de Saint-Brieuc que date la prédilection de L'abbé Jean pour le saint livre que nos pères appelaient « l'Internelle Consolation ».
Depuis longtemps déjà, il faisait plus que le consulter. C'est ici le lieu de discuter un problème littéraire qui a été posé récemment (1), et qui ne paraît pas encore résolu.
En France, l'admiration des lecteurs pour l'auteur de Y Imitation rejaillit d'ordinaire sur Félicité de la Mennais, à cause de la traduction célèbre qui est, selon M. de Sacy, « le chef-d'œuvre de l'écrivain aussi bien que le chef-d'œuvre du prêtre ».
Or, sait-on que le travail de Féli sur l' imitation — du moins son premier travail — a été fait, comme tant d'autres, en collaboration avec Jean?
Nous n'avons point la prétention, disons-le tout de suite, d'établir ce point avec une rigueur mathématique. Ici comme ailleurs, la modestie de notre héros nous a bien des fois embarrassé et dérouté. Mais l'examen et le rapprochement des textes, joints à certaines déclarations de Féli, nous ont conduit à une probabilité telle, qu'elle
1 Cf. E. Herpin, Jean-Marie de la Mennais, etc., p. LS et suiv.