MORT DE M. VIELLE
voulut l'aire de ses dernières années une continuelle préparation à la mort ( 1 ) . Il devait longtemps encore attendre la délivance finale. Toujours plus humble, plus ami de l'étude, plus mortifié, plus bienveillant envers tous, il observa trente-quatre ans, dans le recueillement de sa maison canoniale (2), le règlement qu'il s'était tracé au séminaire de Noyon. Le dimanche qui précéda sa mort, on célébrait la messe dans une chapelle contiguë à sa chambre. Au moment de lui donner la sainte communion, le prêtre fut obligé de faire essuyer les larmes qui inondaient son visage, et que lui arrachait la crainte de manquer de ferveur. Le 31 janvier 1837, il passa doucement, dans une sorte d'extase. Il avait quatrevingt-onze ans.
Le commerce pacifiant de ce saint homme fut d'un grand secours à M . de la Mennais pendant les mois d'épreuve qui suivirent l'arrivée de Mgr de la Romagèrc.
L'ancien grand vicaire ne pouvait assister à la ruine de ses œuvres sans frémir parfois de douleur. Malheureusement M . Vielle n'était pas toujours à portée de verser le baume sur ses blessures. Pour y suppléer, M. de la Mennais se mit à lire plus assidûment que jamais un livre dont cinq siècles n'ont pas épuisé la vertu consolatrice, « le plus beau livre sorti de la main des hommes après l'Evangile (3) », l'Imitation de Jésus-Christ.
1 II continua néanmoins à donner les soins spirituels les plus dévoués aux daines de Nazareth. Sun rôle auprèjs d'elles l'ut tellement important, qu'elles le désignent d'ordinaire comme leur fondateur. Elles se ratta- Hi lient à la Société du Cœur de Marie fondée par le P. de Glorivière, mais elles pouvaient sans flatterie attribuer à M. Vielle le rôle de fondateur relativement à la maison qu'il avait dirigée.
■i ou lui avait offert un appartement dans une maison habitée par la famille de Bélizal.
3 Fonteneîle.