‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 3)Chapitre 28 sur 270 · LE SACERDOCE. — LE VICARIAT. — FONDATION DU COLLÈGE DE SAINT-MALO · texte numérisé non relu

LE SACERDOCE. — LE VICARIAT. — FONDATION DU COLLÈGE DE SAINT-MALO

Au mois de décembre 1801, Jean-Marie de la Mennais était à Paris. Qu'allait-il chercher dans cette ville de tumulte, alors que le recueillement lui était si nécessaire? Un témoin de ses dernières années, qui prétendait le tenir de lui-même (1), nous apprend qu'il quitta son pays pour éviter la conscription. La chose est possible. Seraitelle vraie, qu'elle ne devrait causer ni étonnement, ni scandale.

La conscription n'était point alors universellement acceptée par l'opinion. D'autre pari, aucun vrai catholique ne reconnaissait au gouvernement le droit de mettre la main sur les élus de Dieu pour leur imposer, même temporairement, un état de vie si contraire à leurs . obligations cléricales. Si donc Jean-Marie de la Mennais voulut, comme tant d'autres, se dérober à la vigilance des patriotes de Bretagne en se réfugianl dans une ville où les étrangers n'étaient guère recherchés,

1 Ce témoin est M11* Maria de la Fruglaye, devenue religieuse de la Congrégation Notre-Dame, s. .us [e nom de Mère .Marie-Anne. Elle avait beaucoup connu, dans sa famille, l'abbé Jean de la .Mennais. Elle a laissé sur lui d'intéressants souvenirs intitulés : Quelques détails recueillis dans les conversations du cher el respectable abbé Jean-Marie de la Mennais.

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rien que de légitime et de parfaitement honorable dans sa démarche. D'ailleurs, d'autres motifs d'un ordre bien différent l'atliraieut dans la capitale.

Mgr de Pressigny était rentré en France, et il séjournait à Paris depuis le mois de décembre 1800.

Le concordat venait d'être signé. En attendant de le voir appliqué, le père de Jean-Marie, aidé de M. des Saudrais. usait de toute son influence pour faire rétablir le siège de Saint-Malo et y ramener l'ancien évèque. Le jeune homme prenait part lui-même aux démarches; nous le savons par une lettre de Mgr de Pressigny, qui, le 2' septembre 1801, le remercie de ses efforts, sans toutefois le laisser croire au succès.

N'espérant plus revoir à Saint-Malo le vieux pontife, Jean-Marie résolut d'aller à lui. 11 ne l'avait pas rencontré depuis onze ans. Le désir de l'entretenir de vive voix, de lui soumettre ses projets de zèle et surtout de recevoir les saints ordres de sa main expliquerait suffisamment son voyage à Paris.

Il partit doue, muni de deux lettres de recommandation pour le prélat, l'une de son père, l'autre de l'oncle des Saudrais. La première ne nous a pas été conservée. Nous citerons quelques lignes de la seconde. « Moi aussi, disait le vieillard, je vous parlerai de mon neveu, même après son père, comme s'il n'avait pas tout dit, ou comme s'il avait oublié quelque chose. Mais en vérité, j'aime Jean autant (pie s'il était mon iils : son cœur et !r mien se louchent de si près! . . .

« Heureux liens qu'il va former, sublime promesse que celle d'être toujours vertueux! Ce qui nous rassure, c'esl qu'il le fut, et que la vertu parut en lui comme une eho-c naturelle et dont il n'aurait pu se passer. J'ajouterai, Monseigneur, — eh! pourquoi aussi ne dirais-je pas lout? — que Jean apporta en naissant un penchant à la colère, qu'il a su tellement dompter, que je ne sais comment

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