‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 3)Chapitre 8 sur 270 · ÉVÊQUE DE VANNES · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE DE VANNES

Vannes, le 20 septembre 1902 Très «lier el Révérend Père,

Elle est très attachante et très instructive, la lecture de vos deux volumes sur la Vie de Jean-Marie de la Mennais. Trop peu de personnes connaissent à fond le vénéré fondateur des Frères de l'Instruction chrétienne et des Sœurs de la Providence de Saint- Rrieuc. On ignore généralement la place qu'a tenue cet homme de Dieu dans les choses de l'Eglise, et le rôle qu'il a joué pendant un demi-siècle, principalement dans notre province bretonne. Pour beaucoup, votre livre si documenté sera une révélation.

Comme tant de critiques l'ont avancé et comme vous l'observez vous-même, la vie dramatique et poignante de son illustre frère, Félicité de la Mennais, a trop fait oublier son existence propre, si digne pourtant de l'admiration de quiconque sait apprécier le talent, la vertu et surtout le dévouement, absolu à l'instruction des enfants du peuple.

En fondant une congrégation hautement approuvée par l'Eglise, et qui se répand, avec une merveilleuse rapidité, dans l'Ancien et le Nouveau Monde, Jean-Marie de la Mennais se place naturellement à côté de saint Jean- Baptiste de la Salle, dont il semble être devenu l'émule, soit par son initiative féconde favorisant l'instruction de l'enfance, soit par le mérite d'une vie conforme aux conseils évangéliques, et marquée au coin de la souffrance et des plus pénibles épreuves.

Coïncidence providentielle, qui frappera beaucoup de vos lecteurs! Ces deux grands éducateurs des humbles et des petits, malgré la distance des temps où ils ont vécu, ont rencontré dans leurs œuvres lés mêmes contradictions de la part des supérieurs ecclésiastiques, animés des meilleures intentions. Tant il est vrai que les plus utiles institutions, avant de devenir fécondes, doivent être marquées du sceau divin du Calvaire; tant il est vrai encore que les jugements des hommes les plus dévoués à l'Eglise sont différents, et, par leur diversité même, peuvent amener de douloureuses situations.

LETTRES EPISCOPALES xi

Après les plus judicieuses recherches et un labeur très consciencieux, vous exposez tout cela, cher et vénéré Père, avec esprit de suite, en un style clair et précis, élégant et facile, qui ne fatigue jamais le lecteur, mais le charme et l'édifie, tout en lui faisant connaître et aimer votre héros.

A mon humble avis, votre beau travail mérite tous les suffrages et doit obtenir un très large succès. Les dignes continuateurs et les disciples d'un Père vénéré, dont la mémoire ne peut que grandir et dont les 'éclatantes vertus ont déjà fixé l'attention de l'Eglise, les nombreux admirateurs qu'il compte dans notre cher ■diocèse, son diocèse d'adoption, qui garde si fidèlement son tombeau et le précieux berceau de son institut, la notoriété enfin dont le serviteur de Dieu jouit en Bretagne et dans la France entière, me sont un sûr garant de l'accueil empressé réservé partout à votre livre.

En vous remerciant d'avoir ainsi attaché un beau fleuron à la couronne d'une congrégation chère à mon cœur, parce qu'elle fait un grand bien dans mon diocèse, en vous félicitant d'un beau talent que vous employez si bien et que vous utiliserez encore, j'aime à me dire, cher et Révérend Père,

Votre tout dévoué en IV. -S.

V AMÉDÉE-JEAX, évêque de Vannes.

LETTRE DE S. G. MONSEIGXEl R GUERARD

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