LA CONGRÉGATION DES « DEMOISELLES » 18U
du Sacre Cœur de Jésus. Cette association devait comprendre des fidèles des deux sexes. Elle fut affiliée à la Congrégation romaine de Slc Marie in Gapella, et enrichie des mêmes indulgences. Les registres à peine ouverts, i486 personnes vinrent s'y inscrire. Par les soins de l'abbé Jean, la même association fut établie dans l'église de Tréguier, où un vicaire zélé, M. Tresvaux, secondait activement ses vues, et, quelques mois plus tard, dans les églises de Loudéac, Lamballe et Quintin, où des missions furent successivement données.
Mais c'est particulièrement la jeunesse, si menacée dans ses moeurs et même dans sa foi, qui préoccupait M. de la Mennais.
Le 14 novembre 181 <>, il établit, dans la chapelle de N.-D. de la Charilé-du-Refuge, sous le vocable de L'Immaculée-Conception, une association de jeunes filles appartenant surtout aux classes aisées de la société. Elle fut affiliée à celle que dirigeait alors à Paris le célèbre P. Ronsin (1).
Les statuts de cette congrégation ne se contentent pas de prescrire un certain nombre de pratiques pieuses : ils insistent sur le grand devoir de l'assistance mutuelle. « L'esprit de charité qui unit les congréganistes, disait M. de la Mennais, ne leur permettra point de s'abandonner les unes les autres dans la maladie. Elles se verront de temps en temps, et, sous la surveillance d'une ou de deux vocales, que désignera la supérieure, elles se rendront volontiers les petits services qui ne pourront compromettre ni la santé ni les devoirs d'état (2). »
Cette même pensée d'assistance charitable donna lieu, quelque temps après, à une nouvelle fondation La congrégation des « demoiselles » comme on l'appelait,
1 Consulter, sur le P. Ronsin et la congrégation de la rue du Bac, l'ouvrage de M. Geoffroy de Srandmaison : La Congrégation.
2 Règlement de la Congrégation de V Immaculée-Conception. Archives des Frères . M. de la Mennais dirigea en personne cette association pendant trois ans. Elle comprenait environ niillc jeunes filles, dont un quart au moins se firent religieuses.
se recrutait dans la haute bourgeoisie de la ville. M. de là Mennais eut la pensée de faire de ces jeunes filles riches les guides et les apôtres de leurs compagnes issues des classes populaires. De cette pensée naquit le Patronage des jeunes ouvrières de Sairit-Brieuc.
Nous avons sous les yeux les statuts de cette association. Rien de plus sage et de plus vraiment évangéliqué. Des œuvres nombreuses ont été créées de nos jours en faveur des ouvrières de nos grandes villes : nous doutons qu'aucune soit à un plus haut degré moralisatrice pour les bienfaitrices et les protégées.
Sous préiexte de secourir les jeunes filles de la classe pauvre, M. de la Mennais organise un vaste plan d'apostolat qui devra initier aux œuvres de zèle non seulement les « demoiselles » de la congrégation, mais les daines les plus influentes de la ville. On nous pardonnera de citer quelques articles de la règle du patronage : il nous semble qu'on les pourrait proposer comme modèles à quiconque ambitionne de sanctifier à la fois le riche et l'indigent par l'exercice de la charité.
« Le but du patronage est essentiellement moral. La congrégation se propose surtout de diriger les jeunes ouvrières dans le choix d'un état et d'une maîtresse, de les prémunir, par une sage surveillance et de bons avis, contre les périls que présente si souvent l'apprentissage. — Convaincue que, parmi les personnes qui ne font pas partie de son association, il ne peut manquer de s'en trouver plusieurs qui désirent prendre part à une œuvre cle charité si intéressante, la congrégation fait mi appel général à toutes les demoiselles non congréganistes et à toutes les daines, qu'elles aient appartenu ou non à la congrégation, pour qu'elles lui prêtent leur bienveillant concours dans l'œuvre du patronage : les demoiselles sons le titre de jeunes économes, les dames sous le litre de dames affiliées . . . — En entranl dans le patronage, chaque enfant reçoit une protectrice spéciale choisie parmi les patronnes actives, et désignée par le conseil... — La patronne sous la protection de laquelle