‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860Chapitre 215 sur 260 · AVIS DIVERS · texte numérisé non relu

AVIS DIVERS

i" On se confessera tous les 8 ou 15 jours.

2° Les membres de la société auront soin d'otïrir souvent leurs travaux à Dieu, et ils les rapporteront tous à sa gloire.

3" Ils consacreront, chaque jour, un certain temps à l'étude de la théologie et de l'Ecriture Sainte.

4° On doit chercher dans la lecture à s'édifier et à s'instruire, non à satisfaire une vaine curiosité, parcourant sans ordre et sans choix tantôt un livre et tantôt un autre.

^ 5° Dévoués à la vie d'étude et à la vie active, assujettis à peu de pratiques pieuses, ils suppléeront aux exercices auxquels ils ne peuvent vaquer par l'habitude du recueillement et de la prière intérieure.

60 Ils s'appliqueront à dépendre le moins possible des choses extérieures, et à acquérir cette force sur eux-mêmes sans laquelle on ne peut faire rien de grand et de véritablement utile.

7" Convaincus que l'homme est par lui-même impuissant à tout bien, guela science, le taFent, les dons naturels, demeurent stériles dans Tordre du salut, si la grâce céleste ne les anime et ne les féconde, ils n'attendront que de Dieu seul le succès de leurs travaux.

8» Ils s'efforceront de faire de continuels progrès dans l'humilité, se rappelant que cette vertu est la base de toutes les autres.

9° Pleins de respect pour les supérieurs, et reconnaissants de leurs soins, ils ne négligeront rien pour rendre leur tâche facile et douce.

10° Chacun est libre d'exposer son sentiment, son avis, mais sans y tenir avec opiniâtreté, et, après la décision du supérieur, nul ne doit murmurer contre elle : sans soumission à Tautorité, aucun bien n'est possible, et se soustraire à l'obéissance, c'est se soustraire à la grâce.

11° Dans les conversations, on s'interdira soigneusement les railleries, les reproches amers, en un mot, toute parole qui pourrait blesser la paix et la charité, lesquelles ne sauraient être véritablement vivantes parmi nous, si nous n'observions pas ce précepte de l'Apôtre : Portez les fardeaux les uns des autres.

12° Chacun sera disposé à donner aux autres, en toute circonstance, des marques d'une amitié sincère et vraiment chrétienne. S'il arrivait qu'involontairement on eût désobligé quelqu'un, on s'empresserait de réparer ce tort, ne fût-il qu'apparent.

13° Au lieu de s'exempter de ce qu'il peut y avoir de pénible dans certains emplois et d'en charger les autres, on se soulagera mutuellement avec une sainte joie.

14° Dans nos rapports avec nos élèves, nous éviterons avec un égal soin la dureté qui les rebute, et la familiarité qui les rend trop hardis.

15° Le commandement doit être tout à la fois ferme et calme : les enfants ont un tact exquis pour juger des défauts de leurs maîtres, et quand ceux-ci reprennent ou punissent avec humeur, ils résistent avec

opiniâtreté. Nous ne leur imposerons jamais que des pénitences modérées, nous attachant bien plus à nous en faire aimer qu'à nous en faire cramdre.

16° On doit regarder comme une chose fort essentielle de leur faire prendre de bonne heure des habitudes d'honnêteté et de politesse ; et, pour cela, on ne manquera pas de leur en donner l'exemple.

17° Particulièrement pendant les récréations, la surveillance la plus attentive est nécessaire : sous aucun prétexte, on ne doit laisser les élèves seuls.

IS'' Nous ne négligerons rien pour leur inspirer une piété sincère : ce doit être là notre but principal, et notre pensée de tous les instants.

19» Les méthodes d'enseignement seront les mêmes dans toutes les classes, et aucun professeur ne se considérera comme indépendant dans la sienne ; sans cela, il n'y aurait ni ordre ni ensemble dans l'enseignement.

20° Nul élève ne sera mis à la porte des classes ; mais on pourra exiger de celui qui s'y comporterait mal un billet du directeur pour être admis à la classe suivante.

21° Devant les enfants et devant les étrangers, on ne se permettra aucune plainte, aucune discussion trop animée sur quoi que ce soit, et l'on ne parlera point au dehors de ce qui se passe dans la maison.

22° On ne fera de visites et on n'acceptera d'invitations en ville que Iprsqu'il y aura nécessité, ou du moins, une grande convenance.

23° On ne s'absentera de nos maisons pour plus d'un jour qu'avec l'agrément du directeur.

24" La Très Sainte Vierge étant notre Mère, notre Reine et notre principale patronne, tous mettront un grand zèle à célébrer ses iêtes, à imiter ses vertus, et à nourrir dans le cœur des enfants une tendre dévotion pour elle.

250 Nos seconds patrons sont saint Michel archange et saint Pierre.

Malestroit, le 29 septembre 1838. Signé : J.-M. de la Mennais — P.-G. Ruault — J.-B. Bouteloup — R.-J. Chevalier — N. Merpaux.

A MESSIEURS LES RÉDACTEURS DU DIIVAiVAJS

Messieurs, dans des affaires délicates et compliquées, telles que celles du collège de Dinan, il est plus difficile qu'on ne pense à ceux qui y prennent une part active, qui s'y trouvent mêlés personnellement, d'en juger avec une entière impartialité : il est naturel que chacun abonde dans son sens, et il arrive presque toujours qu'on affaiblit par l'exagération les meilleures causes. Celle que vous soutenez, messieurs, me semble juste ; mais, permettez-moi de vous le dire, je crains que vous ne la compromettiez, en ne la défendant pas avec assez de modération et de mesure. Que la ville de Dinan, après avoir supprimé son collège, ait eu de puissants motifs de le rétablir, aucun homme raisonnable n'en doute, et tout le monde, presque sans exception, blâme hautement lés moyens qu'on a pris pour étouffer dans son berceau un établissement rjui peut devenir si précieux pour le pays ; mais pour que le pays s y attache et pour que cet établissement prospère, il ne faut pas

qu'on le représente comme hostile au clergé, et comme ayant été créé ;tout exprès pour servir de contrepoids à ce que vous appelez la dominalioîi ecclésiatique ; en vous exprimant ainsi, vous faites plus de tort au collège que ne peuvent lui en faire ses ]31us ardents ennemis. Il est vrai, messieurs, du moins j'aime à le penser, vous voulez sincèrement mettre la religion en dehors de cette irritante polémique ; mais cependant la relio-iôn ne saurait être inditférente aux accusations dont ses ministres sont l'objet, et j'espère que vous lui pardonnerez de prendre quelque intérêt aux établissements destinés à perpétuer le sacerdoce. Sans doute, les petits séminaires ont une destination spéciale, et, dans l'état actuel de la législation, ils ne peuvent tenir lieu "es collèges proprement dits : voilà pourquoi les uns et les autres ont un égal droit à la protection d'une administration sage et éclairée; voilà pourquoi, lorsqu'il s'élève entre eux quelque conflit, les gens de bien en gémissent et font des etîorts et des vœux pour que tout s'apaise. — N'est-ce pas ce que la ville de Dinan a fait, me direz-vous ? On l'a poussée à bout, et ce n'est qu'à la dernière extrémité, et, en quelque sorte, malgré elle, qu elle a résolu de demander la suppression de l'école ecclésiastique. — Je conviens de tout cela, et je m'en ^afflige ; mais, parce que vos adversaires ont eu des torts, n'en serait-ce pas de votre part un non moins grave que d'accuser, à cette occasion, le clergé en général d'être conduit par de basses passions, et de transformer en honteux trafic les actes les plus saints et les plus chers à la piété des fidèles ? Et jusqu'où n'allez-vous pas ? Quoi, messieurs, vous croiriez, par exemple, qu'un de vos prêtres (je dis un), serait assez dépourvu de conscience et d'tionneur pour s'approcher du lit d'un mourant...; mais-, je n'achève pas, car vous n'avez pas vousmêmes achevé! Il eût été mieux, il eût été plus juste, messieui's, de rendre hommage à la sagesse avec laquelle se sont conduits, dans des circonstances si difficiles ^jour eux, les principaux ecclésiastiques de votre ville. Si ceux du petit «éminaire se sont exposés à des reproches ; s'ils ont eu l'imprudence de soulever des questions qu'ils ne comprenaient qu'à demi, et qui sont de nature à comproniettre toutes les écoles ecclésiastiques de France, plaignez les prêtres trompés; mais n'élargissez pas les plaies qu'ils se sont laites.

Quant aux directeurs du collège, j'applaudis bien volontiers aux éloges que vous leur donnez; j'ai été le condisciple de plusieurs d'entre eux : je les connais donc assez pour être certain qu'ils ne chercheront jamais à inculquer ajp.x enfants qu'on leur confie d'autres doctrines que celle de l'Eglise et qu'ils continueront à demeurer totalement •étrangers à cette polémique irrito.nte, dans laquelle vous êtes entrés.

Agréez, messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Un ecclésiastique de l'arrondissement de Saini-Brieuc.

ACTE PORTANT RÈGLEMENT DES INTÉRÊTS RÉCIPROQUES DE MM. DE LA MENNAIS, PASSÉ LE 1«^ MAI 1837.

Les soussignés Jean-Marie Robert de la Mennais aîné, demeurant à Ploërmel, département du Morbihan, d'une part, et Félicité Robert de la Mennais jeune, demeurant à la Chesnaie, en la commune de Plesder, département de l'IUe-et- Vilaine, mais de présent à Paris, d'autre part ; ayant un égal désir de régler finalement entre eux, pour le présent et pour -l'avenir, toutes les affaires d'intérêt, ont reconnu :

1* Que la terre de la Chesnaie, située dans les communes de Saint- Pierre-de-Plesguen et de Plesder, est un héritage qu'ils ont recueilli en commun et auquel ils ont droit chacun pour une moitié, y compris la petite métairie de la Coupaudais, acquise à, frais communs et en grande partie située en la commune de Saint-Mélen, département des Côtes-du Nord ;

2° Que, de plus, ils possèdent la jouissance de la métairie delà Mennais, en Trigavoux, département des Cotes-du-Nord, dont M"' A. Blaize, leur sœur germaine, a la nue propriété, mais dont le revenu se partage par tiers entre elle et eux ;

3° Que, en ce qui touche quelques acquêts privativement faits par Monsieur Félicité de la Mennais et payés de ses deniers aux environs de la terre de la Chesnaie. la propriété et la jouissance n'en appartieiit qu'à lui seul, soit que pour la convenance des exploitations, on les ait réunis aux métairies de la terre de la Chesnaie, soit qu'&n les ait affermés séparément ;

4° Que M. Félicité Robert de la Mennais, qui avait son domicile ordinaire à la Chesnaie, y a fait des embellissements et des constructions importantes, des plantations fort étendues, et a ainsi accru la valeur foncière de cette propriété ; qu'il a aussi fait abattre des bois, mûrs, tant sur les terres de la Chesnaie, que sur ses acquêts particuliers, dans le double but d'améliorer les cultures, comme aussi pour les employer aux travaux qu'il a fait exécuter ; qu'une grande partie de ces ouvrages a été payée de ses fonds privés, et qu'il y a également employé tout ce qu'il a perçu des revenus de la Chesnaie ;

5" Qu'une atfaire étrangère à ce qui concerne les revenus communs avait été entreprise dans un but d'utilité générale ; que les circonstances ayant forcé de l'abandonner. Monsieur Jean-Marie Robert delà Mennais a été charge de la liquidation et de rendre à chaque intéressé la mise qu'il avait apportée ; que, par suite de l'examen des comptes et toutes compensations faites, la mise dont il est dû compte à M. Félicité Robert de la Mennais se trouve fixée à la somme de six mille francs.

C'est pourquoi les soussignés sont convenus des articles suivants :

Ahticle 1" — Tous fermages échus et exigibles jusques et compris le terme de Noël, vingt-cinq décembre dernier, dus par les fermiers de la Ohesnaie, appartiendront exclusivement à M. Félicité Robert de la Mennais.

Les recouvrements qui seraient faits en terrC;, sur l'arriéré dû par les fermiers, iront en accroissement de la propriété commune.

Les revenus de la métairie de la Mennais continueront à être partagés par tiers au fur et à mesure du paiement à faire par les fermiers.

Monsieur Félicité Robert de la Mennais percevra, pour son privé compte, le revenu des terres par lui acquises particulièrement.

AirncLE 2. — Il n'y aura lieu à répétition ni de part ni d'autre sur la quantité des revenus perçus jusques à présent pour chacun des soussignés.

AnTicLE 3. — Tous les termes qui échoiront après le vingt-cinqdécembre dernier, jour de Noël mil huit cent trente-six, et qui seront dus par les fermiers de la Chesnaie, appartiendront par moitié aux soussignés, qui prélèveront chacun leur denier après l'acquittement des impositions, des l'éparations aux bâtiments existants et des frais communs d'entretien.

AirrrcLE 4. — Tous les bois maintenant abattus, exploités ou en exploitation sur les terres de la Chesnaie appartiendront exclusivement aussi à M. Félicité Robert de la Mennais, à charge seulement de prendre sur les droits bois ceux qui pourraient être nécessaires pour les

réparations des fermes et celles des logements de la Chesnaie, s'il y a lieu d'en employer.

Article 5. — Par suite des abàndonnements ci-dessus, tous les travaux à faire à la Chesnaie, c'est-à-dire à la maison principale et à ses dépen dances, soit pourl'achèvement des travaux commencés, soit pour d'autres d'agrément, seront à la charge de Monsieur P'élicité Robert de laMennais.

Article 6. — Lorsque la Chesnaie sera habitée par Monsieur Félicité Robert de la ]\lennais, il aura la jouissance privative des retenues telles qu'elles existent aujourd'hui, et il paiera seul les gages et entretien de la gardienne et du jardinier. S'il n'habite pas la Chesnaie, les produits comme les charges desdites retenues, y compris ce qui concerne le jardinier et la gardienne, seront partagés entre les soussignés.

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