‹ Jean-Marie; drame en un acte, en versChapitre 15 sur 23 · Scène quatrième · texte numérisé non relu

Scène quatrième

Elle me regardait , et son regard, hélas!

Etait une muette et navrante prière.

D'angoisse et de pitié mon âme tout entière

Fut prise... Et Je dis oui, — mais j'en croyais mourir!

Moment de silence. — Jean-Marie, assis près de la table, a la tête cachée dans ses mains.

Quels péchés avions-nous commis pour tant souffrir?... Les saints du Paradis auraient dû nous défendre, Nos cœurs étaient si purs et notre amour si tendre, Lorsque autrefois, la main dans la main, vers le soir. Nous causions accoudés au mur ^ris du lavoir!

Thérèse, d'un air sombre.

N'y pensons plus !

Jean — iVlarie, après avoir hésité un moment.

Au moins, lui... te rend-il heureuse?

Si ta vie est tranquille et ta maison joyeuse. Ma croix sera moins lourde et moins rude à sentir,

Thérèse, à part.

Heureuse! Hélas! ayons la force de mentir...

Haut.

Joël est bon, ma vie est douce, et ma demeure Est paisible...

Un seul mot encore... Tout à l' heure ^ Si j'ai pu te blesser par de cruels propos , Excuse-moi! Je veux respecter ton repos ; Je veux que désormais mon désespoir se taise. Je ne demande plus qu'une grâce , Thérèse; Laisse-moi vivre auprès de toi... Qu'à l'horizon Je puisse apercevoir le toit de ta maison, Ou parfois, en passant, voir, à trai'ers les branches Des noisetiers, Jiotter ta coijje aux ailes blanches j Et je serai content..,

Oh ! non, tu ne peux point Rester ... il faut partir !

Je vivrais dans un coin, A l'écart... Ignoré... Ala tendresse discrète Se cacherait au fond de quelque maisonnette.,. Tu ne me verrais pas !

Thérèse.

Non, non!

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