Scène quatrième. if
En paix sur mon serment... Et maintenant suppose Qu'il retrouve ce soir les murs de la maison Pleins de son deshonneur et de ma trahison... Il en mourrait ! ... Et moi. de ma faute accablée, Sans cesse je verrais cette âme désolée Passer entre nous deux!
Jean- Marie, avec amertume.
Et tu croyais m! aimer î
U amour que fai pour toi, rien n'a pu l'entamer,
Ni mes maux, ni le bruit de ta mort ; - — mais l'angoisse,
Mais la honte emportée en quittant ma paroisse,
Et le remords sur moi se levant nuit et jour.
Tout cela me tuerait et tuerait notre amour.
Je me mépriserais, et ma fierté blessée
T'en voudrait à la fin de l'avoir abaissée,
Et je te haïrais peut-être!.. Ah! quittons-nous
Plutôt, mon bien-aimé!...
Elle s'agenouille.
Je t'en prie à genoux!
Dans le fond de mon cœur, loin de toute souillure, Laisse-moi conserver ma tendresse aussi pure Qu'au temps où tous les deux, à l' Angélus du soir, Nous disions nos avé dans les champs de blé noir.
j6 Jean-Marie.
Pars.',. Nous n'étions yas faits pour ce bonheur, sans doute, De suivre, en nous tenant la main, la même route; Mais nous nous rejoindrons... Pars, pour qu'en liberté Je puisse ailleurs t'aimer toute une éternité.
Jean-Marie, la relevant.
Adieu donc!
Thérèse.
Je voudrais te demander encore Un dernier sacrifice... Au pays, on ignore Ton retour et tu n'as vu personne en chemin?
Jcan-MarJe.
Personne.
Thérèse.
Et ce trois-mâts hollandais part demain ?
Jean-Marie îa}% un signe affirmatif.
Eh bien, rembarque-toi sitôt la nuit venue,
Que ta visite reste à jamais inconnue,-
Et que tous te croient mort puisque tu V es pour moi.
Je partirai ce soir.
Thérèse.
Que Dieu veille sur toi ;