Scène deuxième
Un fin miroir ou bien quelque armoire de chêne, Et quand de meubles neufs la maison sera pleine, Thérèse secouera l'ennui qui rembrunie Son visage, et l'oiseau chantera dans son nid... » Je inc sentais alors le cœur plein d'espérance, Maintenant je comprends les choses... Ta souffrance Est de celles que l'or ne sait jamais guérir, Et je ne puis lutter avec ton souvenir!
11 jette les étoffes à terre et se lève.
Ah! maudits cheveux blancs!... Si j'avais la jeunesse
Seulement ; si la sève et le soleil qu'on laisse
En arrière, on pouvait les retrouver un jour!
J'essaierais de chasser ce fantôme d'amour
Et de prendre en ton cœur sa place encore tiède...
Mais à l'fge que j'ai, le mal est sans remède;
Je suis laid, je suis triste et vieux!... O mes vingt ans!
Thérèse.
0 cher homme, 0 Joël!... Je vous ai fait longtemps Souffrir de ma douleur offensante et cruelle, Désormais je veux être une épouse fidèle Et bonne... En ma faveur vous aviei consenti A tivre soxis ce toit par mon père bâti; Eh bien , partons. — Ici le passé règne en maître ; Le chant des coqs, les bruits de l'âtre, la jenétre En f,eur, tout me redit les choses d'autrefois , Et la mer me les crie avec sa grande voix...
i8 Jean-Marie.
Partons, emmener-moi dans cox propres domaines^ Derrière les Monts-Noirs et leurs forêts de chênes. Lày Je ne verrai plus ni le port ni la mer.
Joël.
Quoi! tes prés, ta maison, ce pays qui t'est chefj Tu pourrais renoncer à tout?...
Thérèse.
Je vous en prie!
Joël.
Mais c'est presque un exil, et Von ne s'expatrie Jamais sans emporter des regrets avec soi.
Thérèse.
Kous avei bien quitté votre pays pour moi
Joël.
Ouij mais parfois encor je me sens tout morose^ •Quand je pense à la lande où ma maison repose.
Thérèse.
AllortS la. retrouier!