‹ Jean-Michel; comédie lyrique en quatre actesChapitre 1 sur 34 · LES OUVRIERS ARMURIERS · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS ARMURIERS

Pan ! Pan ' Pan ! nous forgeons l'acier: Notre dur marteau le moclMe Et notre burin le cisélCj

Pan ! Pan ! Pan ! dans notre atelier.

HUBERT

Il sert, l'acier qui sonne,

Au laboureur comme au guerrier ;

Sabre ou soc se façonne

Sous le lourd marteau d'ouvrier.

Au soleil des victoires,

Parn)i le? cris, parm; les fleurs.

L'acier, le r-ymbole des gloires,

Fièrement fait vibrer les cœurs.

HUBERT (montrayit la gardr)

Enfin 1 la voilà découpée î

Œuvre d'art, travail délicat

Que la garde de cette épée !

Toi, François, toi c|ui fus soldat.

Là vois-tu, dans un poing, crispée.

Un matin de bataille?...

FRANÇOIS

Oh: moi, C'est du sabre et non de ré])éo Que s'armait mon bras...

HUBERT (souriant)

Par ma foi, C'est une étrange destinée Qui. par le sort, te fut donnée...

FRANÇOIS

Napoléon nous offrait seulement L^acier par lequel on égorge ; Et ce môme acier maintenant Je le inartelle et je le forge!...

HENRI

BravOj l'ancien hussard.

C'est très bien dit ! courage î Il faut que sans retard se termine l'ouvrage. De fixer ici le blason Qui s'est chargé ?

FRANÇOIS C'est moi.

^ HENRI

J'achève

La gravure de ce canon

Au quel je travaille sans trêve.

HUBERT Où donc est Jean ?

HENRI

Au magasin !

Il est allé prendre une pique.

11 passe aussi par la fabrique, Pour la boucle et le gorgerin.

LOUIS (riani)

Auriez-vous donc peur qu'il s'égare En chemin ?...

HENRI (de même)

Ou que des doux yeux D'une belle et, sans crier gare.

Il se soit épris !...

] can-Michel

LOUIS (continuant)

Ou mieux, Qu'il ait suivi cette coquette...

La jeunesse est folle, patron!

HUBERT (riant à son tour)

C'est vrai! j'ai tort... Je m'inquiète Sans raison. Bien sûr, le garçon Ne peut être ici.

LOUIS

(A François) La demie f

Eh ! novice, assez travaillé !

Allons, la besogne est finie !

(A Hubert)

Si, par là, Jean, a traînaillé, Nous vous le renv^errons bien vite....

Ah ! père Hubert, vous le choyez Comme une maman...

HENRI

Il évite

Ses amis... et vous l'appuyez^ Quand il refuse une partie...

HUBERT (triste)

En ce monde, il reste seul

De ma famille anéantie,

Le petit-fils avec Taieul...

Et j'&i peur pour lui... l'infortune

Rend défiant

HENRI

Pour vous, ce soir, Notre joie est presqu' importune...

Bonne nuit, père Hubert !...

HUBERT

Bonsoir !

^ Jean-Michel g

(Tous les ouvriers quittent Vatelier Hubert, les accompagne jusqu^à la forte et les regarde un instant s^ éloigner)'

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