‹ Jean-Michel; comédie lyrique en quatre actesChapitre 3 sur 34 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

HUBERT, JEAN (rentrant joyeux)

JEAN

C'est fait, grand'père ! Et l'on nous donne Le délai par nous espéré, Pour ces fusils....

(Voyaitt Vatelier vide)

Quoi? plus personne?...

Déjà partis?

(Voyant la tristesse d'Hubert)... As-tu pleuré?

Encore cette mélancolie !

Rien ne peut donc plus t'égayer?

10 Je an- Michel

HUBERT {secouant la tête)

Crois-tu que jamais on oublie Ceux qui sont absents du foyer?...

(Il ■pleurç) (S^interromfant)

Mais j'ai tort... Parlons d'autre chose: N'as-tu pas, cet après-midi.

Rencontré 't...

JEAN (surpris) Qui donc -^

HUBERT (riant)

Eh! Pardi!..

La jeune fille au billet rose!...

JEAN (rougissant)

Au billet rose }. .

HUBERT (lui montrant sa table de travail)

Eh ! oui, trouvé Là... sous ta table...

JEAN

Sous la table..

HUBERT (tout à fait gai)

Etre amoureux, c'est admirable!...

A qui. Poète. r>s-tu rêvé .-^

JEAN (rougissant) Mais grand'père. je vous en ])rie...

lll'HERT

Voyons, mon Jean, ne rougir pas...

J'ai deviné, je le parie...

Tu peux me l'avouer tout bas...

J e an Michel \ \

i Discrètement)

Va, Madeleine est fille sage.

Digne de toi ; car sa candeur Est pareille à la fleur sauvage, Eclose au soleil du malheur !

JEAN (se livrant)

Eh! oui je l'aime, grand'père ; Je l'aûme pour sa pureté ; Je l'aime pour sa douceur fière ; Je l'aime pour sa pauvreté !

Hélas! je n'ose le lui dire; Je n'ose lui parler d'amour !

HUBERT (tendre)

Et tu t'es dit: "Je vais écrire!" C'est un ingénieux détour...

(Paternellement) Va! mon enfant, aime qui t'aime; Donne le meilleur de toi-même ; Rien n'est bon, vois-tu, que l'amour !

JEAN

Un seul mot, grand' père, à mon tour Ne taquinez pas Madele^ine, Pour ces vers ébauchés à peine Quand tout-à-l'heure elle viendra !

HUBERT (souriant) Je te promets... on se taira !

JEAN (inshta-ftt)

Même, venant de vous, grand' père, Un propos moqueur pourrait faire S'attrister ses clairs yeux d'enfant.

HUBERT (ému) Pudeur d'un cœur qui se défend î

(Gahnent à Jean)

C'est donc erxtcndu... c'est un ange...

Mais, ô poète, il faut qu'on mange...

Viens-tu .'*... le souper nous attend...

JEAN (comme un enfant et -pensant à tout autre chose)

Grand'père ! que je suis content !

(Ils rentrent dans la chambre (V Hubert)

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