Molinet, Chroniques, ch
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plusieurs reprises, que cet estat est labeur de corps. Le chroniqueur accompagnait souvent le souverain, il assistait aux cérémonies ofhcielles c'était le meilleur moyen d’en donner une exacte relation. Quand nous étudierons les Chroniques, nous verrons que Molinet ne signale que quelques-uns de ses voyages, mais, en fait, il dut se déplacer souvent. Il ne se borne pas à raconter ce qui intéresse la maison de Bourgogre et d'Autriche ; il relate aussi les faits essentiels qui se produisent dans les pays étrangers. De plus, le poète intervient aussi souvent que le prosateur. Qu'il s'agisse d’une naissance, d’un mariage ou d’une mort illustre, d'une bataille ou d’un traité de paix, Molinet compose un
. poème pour célébrer l'événement . L’entourage du prince n’est pas oublié : les grands seigneurs ou les prélats sont honorés de ses vers. De là proviennent tant de poésies de circonstance, qui sont le complément des Chroniques !.
Molinet n'est pas seulement chroniqueur et poète de cour. Son activité littéraire est très variée. Il s'occupe de versification, et, avant 1492, il écrit un Art de Rhétorique. I] est, de plus, auteur dramatique : vers 1482, il versifie le Mistère de saint Quentin. En 1501, il assiste à une représentation de la Passion, à Mons ? et, peu de temps après, dans la Passion en rime franchoise, il remame, à son tour, le fameux Mystère. Vers l’an 1500, à la demande de Philippe de Clèves, seigneur de Ravestain, 1] entreprend une œuvre singulière : il dérime le Roman de la Rose et y ajoute un commentaire mystique.
Malgré sa renommée, Molinet n'eut pas de relations littéraires très étendues. C’est un fait curieux que, dans tous ses ouvrages, on ne rencontre point le nom d'Érasme. Or Érasme avait été ordonné prêtre, en avril 1492, par l'évêque de Cambrai, Henry de Berghes, dont, en 1502, Molinet devait déplorer le trépas. On ne trouve pas davantage la moirdre mention de l’humaniste Robert Gaguin, qui, né dans les environs de Béthune, était alors général des Trinitaires, en même temps que poète et historien. Le fait s'explique : Molinet reste un homme de la fin du Moyen âge, tandis qu'Érasme et Gaguin annoncent et préparent la Renaissance. Molinet, cependant, signale la mort de Jean Standonck *
et d'Olivier Maillard, dans le Debat du poisson et de la chair, v. 179-182 :