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2. Les poésies de Philippe de Fenin se trouvent dans À, fol. 415 recto-456 verso : voir notre Étude critique. : la poésie, dont il s’agit, est au foi. 424 recto.
3. Arch. du Nord, B 2181, fol. 145 recto : À Messire Chartes de Croy, prince de Chimay, la somme de dix sept cens seize livres, qui deue lui estoil pour, par ordonnanse de mordit scigneur, estre parti d'Avesnes le X° de février XV° deux et alé devers les seigneurs de France a Valenciennes, ayans illec tenu hostaige pour mondi seigneur, pour la sceurte de sa personne, durant son passaige par France, de son retour de son voyaige d'Espaigne, tant pour recevoir et festoyer iceulx seigneurs hostaigiers, comme pour y entretenir un Fon et honneste plal par dessus son ordinaire, pour recevoir tous seigneurs, chevaliers, gentilzhommes et autres gens de Lien, qui venoient
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Le frère de Florimond, François Robertet, répondit à Molinet dans les termes les plus flatteurs.
Notre rhétoriqueur s’intéressa aussi au mouvement artistique de son temps. Les premières impressions, ornées de miniatures ou de gravures sur bois, ne le laissèrent pas indifférent. C’est, sans doute, sur sa prière que Jehan de Liège vint s'établir à Valenciennes, avec son matériel portatif, pour y imprimer, entre autres pièces, la Ressource du petit peuple, la Robe de l’Archiduc et la Naissance de Charles d’Austrice.
En 1473, Molinet avait collaboré avec Jehan Marmion, afin de rehausser l'éclat des fêtes organisées à Valenciennes pour le douzième chapitre de la Toison d’or. Simon Marmion était installé dans cette ville depuis 1458 ; il s'était marié vers la fin de 1464 avec la fille d’un riche bourgeois, Jeanne de Quarouble : Molinet le connut et admira ses œuvres. Le célèbre peintre mourut le jour de Noël 1489 ; il fut enterré dans la chapelle de Saint Luc, dans l'église de Notre-Dame la Grande : Molinet composa pour lui une épitaphe admirative !.
Molinet fut aussi un fervent de l’art musical. Il dit, dans sa Response a Guillaume Cretin : En toy flourissent par excellence trois redolentes fleurs qui en moy perissent par viellesse. l'une est Gramaire, qui en moy decline, Musicque qui diminue et Rethoricque dont je ne suis de riens trop ricque. Il nous est resté de lui une chanson qui a été publiée ?.
Dans le Temple de Mars, le Siege d’ Amours, la Collaudation a Madame Marguerite, le Debat du gendarme et du viel amoureux, enfin dans l'Oraison a Nostre Dame qui a pour incipit : Tout a par moy, affin qu'on ne me voye, les strophes commencent ou se terminent par un vers de chanson. Un curieux passage du Roman de la Rose moralisé (Ch. 86, Moralité), nous révèle à la fois la compétence du technicien et les qualités du prosateur :
S'il vous samble que Dandenare face plus que le possible ou miroer de ce monde par son art magicque, je vous dis bien que Fortune fait encoire plus fort es choses quasi incredibles, par sa fainte musique, car souvent
journellement au passe temps desdits hostaigiers, a la chasse, a la paulme et aultrement a leur plaisir, pour l'honneur de mondit seigneur, et ce depuis le XI° jour du mois de fevrier XV° deux, qu'il arriva audit Valenciennes, ou estoient les dits hostaigiers, jusques au III® jour de juillet 1503, que du congié de mondit seigneur, ilz s'en partirent pour relourner en France.
1. M. Hénault, Les Marmion (Paris, 1907), 8-11 ; cf. F. Winkler, Die Flämische Buchmalerei (Lsipzig, 1925), 57-40. Paul Durrieu, La Miniature flamande, 1921, p. 23.
2. E. Droz et G. Thibault, Poètes et musiciens du XV® siècle (Paris, 1924), 84, Seïon Rob. Eitner, le ms. 88, 7 de Ja Bibliothèque de Munich contient un Salve Regina de Molinet, à 5 voix en 4 parties (R. Eitrer, Biographisch-Bibliographisches Quellen-Lexicon der Musiker, VIT, 20).
advient qu'elle eslieve une poure minime de petite valeur, sy le fait monter en pou d'espace, par regles, degrés et jointures de la main, tellement qu'elle se treuve au plus haut de la game, tant augmentee et de sy grant value que ceste povre note qui n'estoit que simple minime devient une grande maxime, portant une bien longue queuwe et illec chante a haulte voix : le serviteur hault guerdonné. Et quant Fortune voit qu'il se degoise et glorifie en son estat, qui n’est point de majeur parfait, elle dit a ses chambourieres : la, la, la, faictes luy bonne chiere. Mais la fine gaupe, cognoissant les tampz, les modes, les couleurs, les imperfections, les prolations, les proportions et les tons de musicque, soudainement le fait descendre de hault en bas par soubtilles muances, dont elle scet les tours, sy qu’elle le boute jus du nit, se l'apprend a deschanter son petit mineur et a diminuer tant legierement et sy bas que sa voix n'est plus oye. Molinet connaît à fond les termes musicaux et il s’en sert, comme d’un symbole, pour décrire les vicissitudes de la fortune. Dans ses Chroniques, ch. 9, il fait un éloge enthousiaste de la musique : Car musique est la resonance des cieulx, la voix des angeles, la joye de paradis, l'esperit de l’aer, l'organe de l'eglise, le chant des oyselets, ‘la recreation de tous cœurs tristes et desolés, la persecution et enchassement des diables... Molinet compta parmi ses meilleurs amis les plus célèbres musiciens : Jean Ockeghem, Anthoine Busnois, Loyset Compère !. Commentant une Prière pour les musiciens de Loyset Compère, G. Adler remarque que la plupart des compositeurs qui sont cités dans cette pièce, en particulier, Du Fay, Busnois, Caron, Ockeghem, Hémart, Régis se rattachaient à Cambrai ; il ajoute qu'il serait fort utile d'établir, textes en mains, les relations de Tinctoris, Faugues et Molinet avec l'école cambraisienne ?. Or, le document de 1494 que rous avons cité plus haut, nous indique que Molinet était à la fois chanoine de la Salle, de Condé et de Saint-Géry de Cambrai : ce canonicat de Saint-Géry le rattachait encore plus étroitement à l’école musicale de Cambrai.
Vers la fin de sa vie, Molinet fut atteint d’une pénible infirmité : il perdit en partie la vue. Dans la pièce qu'il adresse, en 1497, a Madame Marguerite, princesse de Castille, il nous apprend, v. 41-45, qu'il ne voit plus que d’un œil. :
1. Voir plus bas, chap. vi, le développement sur les Poésies familières. Dars ses Chroniques (ch. 122), Molinet raconte qu'il a entendu, en 1486, une musicienne extraordinaire : auquel souper sur vint une josne fille de l'eage de vingt ans, la mieulx chantante et jouarite d'instruments que pieca ne fust veue ne oye ; dont, pour conjoir l'archiduc, elle chanta seule chansons et motets, et jooit, en chantant, de luth, harpe, rebecque et clavechinbolon, tant melodieusement, artificiellement et de vraie mesure, qu'elle semblait mieux estre une angelle que creature humaine.
2. G. Adler, Denkmüler der Tonkunst in Oestetreich. VII Jahrgang, Trienter Codices I (Wien, 1900), XXXIII.
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Princesse illustre, humble, doulce et humaine, Le Mholinet, qui ne voit que d'ung œul
Et qui ne scet aller, s’on ne le maine,
Vous rend merchy, mile foys la sepmaine
De vostre don et gracieulx recœul.… ?
Malgré tout, son activité ne faiblit pas. Il continua à rédiger ses Chroniques presque jusqu’à la fin de ses jours, puisque le dernier chapitre a trait à la mort du roi de Castille (23 septembre 1506), et que, d'autre part, la dernière pièce de vers qu'il écrivit déplore le même événement. [| ne devait pas survivre longtemps au prince qu'il avait si bien servi, puisqu'il mourut le 23 août 1507. Dès le 18 mars de cette année, Maximilien avait institué sa fille Marguerite, gouvernante des Pays-Bas et l'avait chargée de la tutelle de ses neveu et mièces 2.
La princesse ayant appris la mort du chroniqueur écrivit aux chanoines de la Salle et au Receveur général du Hainaut de recueillir tous les papiers que Molinet avait pu laisser. Le 1" septembre 1507, Jean Delacroix s'acquitta de la mission qui lui était confiée ?. Molinet fut enterré dans l’église de Notre-Dame de la Salle, à côté de son maitre Georges Chastellain. Jean Lemaire, leur rendant à tous deux un pieux hommage composa une épitaphe en vers alexandrins interrogatifs et responsifs “. Charles Le Clerc, trésorier des guerres, s’offrit à la faire graver sur
cuivre ou sur marbre.
1. 1] revient encore sur cette infirmité dans la Lettre a Loyset Compere, v. 13-16, et dans la piece À Monseigneur, de Ville, v. 28 :
Moy, borgne d'œul et le maire des letz.
De cette laideur nous avons un témoignage:amusant dans l'ouvrage d'Adrien du Hecquet, Peripetasma, fol. aa v recto: Hunc forte alloquebatur mulier rustica ac petiit ubi ageret Molinetus. — Est, inquit ille, hic usquam in templo ; disquire illum. — Tum illa : quo judicio aut signo inter concanicos, qui multi sunt numero, dignoscere potero ? — Conspice, inquil ille, omnes et omnium deformissimum accede : ille est haud dutie. Vagatur illa ac spectat, rectaque Molinetum repetens ait : Tu ipse omnium deformissimus est nec deformiorem invenio. — Ergo, inquit ille, ego sum.
2. Arch. du Nord, B 870, n° 24419 ; cf. Le Glay, Correspondance de Maximilien et de Marguerite (Paris, 1839), II, 431 ; L. M. G. Kooperberg, Margaretha van Oostenrijk (Amsterdam, 1908), 197. On voit par là que Molinet ne fut jamais bibliothécaire de Marguerite d'Autriche, Cette erreur due à Vinchant, Annales du Hainaut, V, 165, a été souvent reproduite, même de nos jours.
3. Archives du Nord, B 18847, n° 29698 : Jesquelz Chronicques enthierement comme ilz me les ont delivrez, sans y riens reserver, je vous envoyc par ce present porteur, mon clerc, avec l'un des executeurs du deffunt, pour, par vous, en estre faict et ordonné, comme il appertiendra.